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Listes d’esclaves français

D’abord vient la shoah. Puis la traite négrière. Et puis c’est tout. Car l’ordre mémoriel a ses priorités sur l’échelle du Mal. Et ses amnésies. Dans les médias, les programmes scolaires et la Loi, les rôles sont clairement définis entre victimes et coupables héréditaires, devant le tribunal de l’Histoire, et corollairement entre privilèges de discriminés positivement et devoirs de repentis : les uns sont condamnés à payer des crimes qu’ils n’ ont pas commis auprès d’autres qui ne les ont pas subit. Mais l’Histoire n’est pas si manichéenne et présente des évènements ébranlant ce verdict. Gare à celui qui ressuscite ces oublis volontaires. L’esclavage arabo-musulman de millions d’Africains dérange (voir cette interview de Tidiane N’Diaye). Les premiers n’y sont guère à leur avantage. Les historiens osent peu en parler par crainte de suspicion de mal-pensance et d’excommunication pour délit de croc-en-jambe dans la course à la victimisation et à la repentance.

Marché aux esclaves au Yémen, XIIIe siècleMarché aux esclaves au Yémen, XIIIe siècle

Mais il est un esclavage encore plus enfoui dans les tréfonds de la mémoire officielle. L’Histoire en fournit pourtant maint témoignages, comme cette lettre à la Reine datée de 1643 intitulée Les larmes et soupirs de deux milles François esclaves dans l’enfer d’Alger en Barbarie à la Reine régente, mère de Louis XIV. Durant les siècles que dura cet esclavage, des Français organisèrent, au péril de leurs vies, des missions de sauvetage pour racheter la liberté de leurs compatriotes captifs, tenant à cette occasion des sortes de listes de Schindler : des litanies de noms, de prénoms, d’âges, d’années d’asservissement, de prix de rachat. Vous n’en avez probablement jamais entendu parler. Tellement  incorrectes, ces listes témoignent ligne après ligne de  vérités à contre-courant des priorités mémorielles de la doxa contemporaine.

symbole des TrinitairesLa plupart des listes qui suivent ont été rédigées par des Trinitaires, un ordre religieux  fondé à Cerfroid  (Picardie) en 1194 par les Français Jean de Matha et Félix de Valois. Le symbole des Trinitaires est une mosaïque datant de 1210 qui représente Jésus libérant deux captifs, un blanc et un noir. Un ordre similaire, fondé en 1218 à Barcelone par Pierre Nolasque, est celui des Mercédaires. Ces ordres dits de « rédemption des captifs » avaient pour mission de récolter des dons puis d’aller négocier le rachat des esclaves victimes de la traite arabo-musulmane et plus particulièrement les Français aux mains des Barbaresques en Afrique du Nord. Ces missions faisaient l’objet de compte-rendus dans lesquels apparaissaient les  listes dont certaines sont données ci-dessous. Les liens vers les documents originaux numérisés par la BNF (bibliothèque nationale de France) sont disponibles en fin d’article, ainsi que des témoignages d’époque.

Liste d’esclaves français rachetés en 1785 à Alger par l’ordre de la Trinité


Voyage dans les états barbaresques de Maroc, Alger, Tunis et Tripoli ;ou Lettres d’un des Captifs qui viennent d’être rachetés, par M.M. les Chanoines réguliers de la Sainte-Trinité, suivies d’une notice sur leur rachat et du catalogue de leurs noms, 1785

Liste d’esclaves français rachetés en 1720 à Alger et à Tunis par l’Ordre de la Sainte Trinité

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Voyage pour la rédemption des Captifs aux Royaumes d’Alger et de Tunis fait en 1720, par les P. P. François Comelin, Philemon de La Motte et Joseph Bernard de l’Ordre de la Sainte Trinité, dits Mathurins, 1721

Liste d’esclaves français rachetés en 1666 et 1667 à Tunis et en Alger par l’Ordre de la Trinité

Le tableau de piété envers les captifs, ou Abrégé contenant, avec plusieurs remarques, deux Relations de trois Redemptions de Captifs faites en Afrique, aux Villes et Royaumes de Tunis et d’Alger en Barbarie, ès années 1666 et 1667, par les Religieux de l’ordre de la Très-Sainte Trinité, 1668

Liste d’esclaves français rachetés entre 1662 et 1663 à Alger, Tripoli et autres villes par les Religieux de la Mercy de France

Le miroir de la charité chrestienne, ou Relation du voyage que les Religieux de l’Ordre de Notre-Dame de la Mercy du Royaume de France ont fait, l’année dernière 1662, en la ville d’Alger d’où ils ont ramené environ une centaine de Chrétiens esclaves, par l’un des Père Redempteur du même Ordre, 1663

Liste d’esclaves français rachetés en 1662 à Alger par les Pères de la Mercy du Royaume de France

Le miroir de la charité chrestienne, ou Relation du voyage que les Religieux de l’Ordre de Notre-Dame de la Mercy du Royaume de France ont fait, l’année dernière 1662, en la ville d’Alger d’où ils ont ramené environ une centaine de Chrétiens esclaves, par l’un des Père Redempteur du même Ordre, 1663

Liste d’esclaves français rachetés en 1655 en Alger par les Religieux de la Mercy de France

Le miroir de la charité chrestienne, ou Relation du voyage que les Religieux de l’Ordre de Notre-Dame de la Mercy du Royaume de France ont fait, l’année dernière 1662, en la ville d’Alger d’où ils ont ramené environ une centaine de Chrétiens esclaves, par l’un des Père Redempteur du même Ordre, 1663)

Liste d’esclaves français rachetés en 1644 à Alger par les Religieux de la Mercy de France

Le miroir de la charité chrestienne, ou Relation du voyage que les Religieux de l’Ordre de Notre-Dame de la Mercy du Royaume de France ont fait, l’année dernière 1662, en la ville d’Alger d’où ils ont ramené environ une centaine de Chrétiens esclaves, par l’un des Père Redempteur du même Ordre, 1663

Liste d’esclaves français rachetés en 1644 à Alger par les Pères de l’Ordre de Notre-Dame de la Mercy Redemption des Captifs

La vive foy et le récit fidelle de ce qui s’est passé dans le voyage de la rédemption des Captifs François, faicte en Alger par les Pères de l’Ordre de Nostre-Dame de la Mercy Rédemption des Captifs, 1645

Liste d’esclaves français captifs à Alger en 1643 et solicitant l’aide de la Reine via le P. Lucien Heraut


Les larmes et clameurs des Chrestiens françois de nation, captifs en la ville d’Alger en Barbarie, adressées à la reine régente, par le R. P. Lucien Heraut, Religieux de l’Ordre de la Trinité et Rédemption des Captifs, 1643

Liste des esclaves français rachetés en 1643 à Alger par le P. Lucien Heraut de l’Ordre de la Sainte Trinité et Rédemption des Captifs

Les larmes et clameurs des Chrestiens françois de nation, captifs en la ville d’Alger en Barbarie, adressées à la reine régente, par le R. P. Lucien Heraut, Religieux de l’Ordre de la Trinité et Rédemption des Captifs, 1643

Liste d’esclaves français datant de 1637, négociés et rachetés à Tunis par les P. Pierre Dan et Charles d’Arras de l’Ordre de la Sain te Trinité et Rédemption des Captifs

Histoire de Barbarie et de ses Corsaires, par le R. P. F. Pierre Dan, ministre et supérieur du couvent de la Sainte Trinité et Rédemption des Captifs, 1637

Trinitaire négociant le rachat de compatriotes esclaves (début 17ème sc.)

Extraits de documents d’époque

extraits de documents des 17 et 18 siècles: listes d’esclaves rachetés et témoignages

Récit du P. Pierre Dan qui, avec le P. Charles d’Arras, rachetèrent 42 esclaves à Tunis vers 1637 et les ramenèrent à Paris

Cependant, les autres Pères et moy, qui estions députez pour la Rédemption des Captifs, considérans que le sieur le Pape pourroit bien tarder longtemps, avant qu’avoir ses expéditions pour son retour en Alger, fûmes d’avis de travailler de notre côté, et de faire en sorte qu’il ne fut point dit que nous fussions venus là inutilement. Nous nous résolûmes doncque en l’attendant, avec le consentement de notre Reverendissime Pere General, d’employer une partie de nos deniers à Tunis, pour la délivrance de quelques François que nous sçavions y estre Captifs, et de garder l’autre pour Alger quand nous y retournerions, et que sa Majesté en auroit donné l’ordre. En effet, les R.R. Peres que j’ay nommez cy-devant, ensemble le R. Pere Charles d’Arras et moy, travaillâmes si bien à cette affaire pour en avoir le succez, qu’il plût à Dieu nous le donner tel que nous le desirions. Car trois mois apres il nous fit tant de grace, que de la Ville de Tunis nous racheptâmes quarante et deux François esclaves. Le plus considérable d’entre eux estoit natif de Rouen, et se nommoit Noël Dubois, âgé de soixante douze ans. Il en avoit trente et uns qu’il trempoit dans cette misère, ayant été captif à Constantinople vingt et neuf ans, et deux à tunis. Parmy tous ceux-cy nous en trouvâmes un autre, qui par une merveille bien étrange ne fut esclave que cinq jours, et ne vid jamais la Barbarie, quoi qu’il y eust demeuré tout ce temps là. Il s’appelloit Sebastien Lombar, natif de Marseille, et n’estoit âgé que d’environ dix-sept ans.

[après retour à Paris en passant par Marseille] De là nous retournnâmes à notre Convent, où après que nous eûmes confessé et communié ces pauvres Captifs, que nous invitâmes à remercier Dieu de la grâce qu’il leur avait faite de les délivrer de l’esclavage des Turcs, nous donnâmes des habits à ceux qui en avoient besoin, et autant d’argent qu’il leur en falloit pour s’en retourner en leur païs.

dans Histoire de Barbarie et de ses Corsaires, par le R. P. F. Pierre Dan, ministre et supérieur du couvent de la Sainte Trinité et Rédemption des Captifs, 1637, pages 62 et 67

Lettre à la Reine régente (Anne d’Autriche, reine de France de 1615 à 1643 et mère de Louis XIV) de P. Lucien Heraut qui rentre en France en 1643 avec 50 esclaves français rachetés et qui l’interpèle sur le sort de milliers d’esclaves toujours captifs

…le bon-heur de recevoir une œillade de votre Majesté. J’en ay fait, Madame, l’expérience ces jours passés, lorsque revenant de Barbarie avec cinquante Captifs racheptez des mains des Infidelles par l’ordre du defunt Roy, votre tres-cher et honnorée espoux, j’eu en rencontre vostre Majesté en la rue Saint Antoine qui alloit au Monastere Sainte Marie, laquelle tesmoigna par ces regards pleins de douceurs et de compassion la joye qu’elle avoit de voir les mebres de jesus Christ racheptez de la cruauté et tyrannie des Barbares.

… les justes prières de plus de deux milles François qui sont restés dans les prisons d’Alger, de tout sexe, de tout age et condition : parmy les souffrances, qui ont beaucoup de rapport avec celles d’Enfer, ou le danger où ils sont de s’y plonger pour jamais, reniant nostre sainte Foy à force de tourmens, comme il se voit tous les jours. Ce que n’ayans peu pour lors representer à vostre Majesté, je le fais maintenant par cette humble requete, en suite de laquelle, j’ai mis le traité advantageux que j’ay fait avec le Bascha dudit Alger, et les noms d’une partie de vos sujets, qui y sont pour le present Esclaves en ladite ville, et desquels j’ay peu avoir connoissance avec une plainte d’iceux, qu’ils addressent aux pieds de votre clemence et Royalle bonté, qu’elle daignera regarder, s’il luy plaist, d’un œil favorable et compatir aux miseres de ces pauvres infortunés, et principalement la necessité de mon compagnon Religieux qui y est deumeré en hostage, et est en danger d’estre brulé tout vif, (selon la coustume ordinaire) si l’année qui achevera au mois de Juin prochaine, il n’est délivré…

De vostre tres humble tres obeissant et tres fidel sujet, P. Lucien Herault

dans Les larmes et clameurs des Chrestiens françois de nation, captifs en la ville d’Alger en Barbarie, adressées à la reine régente, par le R. P. Lucien Heraut, Religieux de l’Ordre de la Trinité et Rédemption des Captifs, 1643

Lettre de deux milles esclaves français toujours captifs et sollicitant l’aide de la Reine via le P. Lucien Heraut

…ainsi qu’il arrive ordinairement aux vassaux de vostre Majesté, qui croupissent miserablement dans l’horrible esclavage des cruels ennemis du nom Chretien. Cette mesme necessité addresse aux pieds de sa clemence et Royalle bonté, les larmes et soupirs de plus de deux milles François de nation Esclaves en la seule ville d’Alger en Barbarie, ou ses montagnes voisines, à l’endroit desquels s’exerce les plus grandes cruautés que l’esprit humain puisse excogiter, et les seuls esprit infernaux inventer.

Ce n’est pas, Madame, une simple exaggeration, mais une verité trop conneue, non seulement de ceux qui ont traversé les mers, et mouillé l’ancre avec quelque bonheur dans cette terre barbare de nos cruels ennemis, mais encore beaucoup mieux de ceux, qui par malheur sont tombés dans les griffes de ces Monstres Affricains, et qui ont ressenty, comme nous, leur infernalle cruauté, pendant le long sejour d’une dure captivité, les rigueurs de laquelle nous experimentons de jour en jour par des nouveaux tourments: la faim, le soif, le froid, le fer, et les gibets, ont esté autrefois les instruments des plus cruels et dénaturés bourreaux du monde contre les premiers Chretiens, mais il est certain que les Turcs et Barbares encherissent aujourd’hui par-dessus tout cela, inventans journellement de nouveaux tourments, contre ceux qui persistent courageusement en la confession de nostre saincte Religion, ou qu’ils veulent miserablement prostituer, notamment à l’endroit de la jeunesse, captive de l’un et l’autre sexe, afin de la corrompre à porter à des pechés si horribles et infames, qu’ils n’ont point de nom, et qui ne se commettent que parmys ces monstres et furies infernales et ceux qui resistent à leurs brutales passions, sont écorchez et dechirez à coup de bastons, les pendants tous nuds à un plancher par les pieds, leur arrachant les ongles des doigts, brullant la plante des pieds avec des flambeaux ardents, en sorte que bien souvent ils meurent en ce tourment. Aux autres plus agés ils font porter des chaisne de plus de cent livres de poids, lesquelles ils traisnent miserablement partout où ils sont contrains d’aller, et ce pesant fardeau est d’ordinaire pour les riches de qui ils esperent une bonne rançon, et apres tout cela si l’on vient à manquer au moindre coup de siflet ou au moindre signal qu’ils font, pour executer leurs commandements, nous sommes pour l’ordinaire bastonnez sur la plante des pieds, qui est une peine intollerable, et si grande, qu’il y en a bien souvent qui en meurent, et lors qu’ils ont condamné une personne à six cent coups de bastons, s’il vient à mourir auparavant que ce nombre soit achevé, ils ne laissent pas de continuer ce qui reste sur le corps mort.

Les empalements son ordinaires, et le crucifiment se pratique encore parmy ces maudits barbares, en cette sorte ils attachent le pauvre patient sur une manière d’echelle, et lui clouent les deux pieds, et les deux mains à icelle, puis après ils dressent ladite Eschelle contre une muraille en quelque place publique, où aux portes et entrées des villes pour la plus grande confusion du nom Chretien, et demeurent aussi quelque fois trois ou quatre jours à languir sans qu’il soit permis à aucun de leur donner soulagement.

D’autres sont écorchez tous vifs, et quantitez de bruslez à petit feu, specialement ceux qui blasphement ou mesprisent leur faux Prophete Mahomet, et à la moindre accusation et sans autre forme de procez, sont trainez à ce rigoureux supplice, et là attachez tout nuds avec une chaine à un poteau, et un feu lent tout autour rangé en rond, de vingt cinq pieds ou environ de diametre, afin de faire rostir à loisir, et cependant leur servir de passe temps, d’autres sont accrochez aux tours ou portes des villes, à des pointes de fer, où bien souvent ils languissent fort long temps.

Nous voions souvent de nos compatriots mourir de faim entre quatre murailles, et dans des trous qu’ils font en terre, où ils les mettent tout vif, et perissent ainsi miserablement. Depuis peu s’est pratiqué un genre de tourment nouveau à l’endroit d’un jeune homme de l’Archevesché de Rouen pour le contraindre a quitter Dieu et nostre saincte Religion, pour laquelle il fut enchaisné avec un cheval dans la campagne, l’espace de vingt-cinq jours, à la merci du froid et du chaud et quantitez d’autres incommoditez, lesquelles ne pouvant plus supporter fit banqueroute à notre saincte loy.

Mille pareilles cruautez font apostasier bien souvent les plus courageux, et mesme les plus doctes et sçavants : ainsi qu’il arriva au commencement de cette presente année en la personne d’un Père Jacobin d’Espagne, lequel retenu Captif, et ne pouvant supporter tant de miseres, fit profession de la loy de Mahomet, en laquelle il demeura environ six mois, pendant lesquels il fut combattu d’une infinité de remors et regrets de cette infame apostasie, avec laquelle il avoit scandalisez plus de trente mille Chrestiens esclaves de toutes nations, et réjouy infiniment les Turcs et Mahometans, notamment les miserables renegats, qui sont en grand nombre en ce maudit enfer d’Alger, enfin apres tant de confusion qu’il recevoit de tous costez specialement de sa propre conscience, contre laquelle il avoit peché, et delaissé la vraie Religion, seulement pour se delivrer de tant de tourments, il se resolu à estre brullé tout vif, qui est le supplice ordinaire de ceux qui renoncent à Mahomet, et alla trouver le Mouffety, qui est le grand Prestre, et lui dit hardiment que sa Religion était fausse, et qu’il avoit mille regrets de l’avoir professée, au mespris de la Religion Chretienne, pour laquelle il estoit prest de mourir et d’exposer mille vies pour icelle, en apres il alla trouver le Bascha, et luy en dit autant, jetta par terre son Caffetan et son Turban, lui donnant un piastre pour acheter du bois à le brusler, en suite deqoy il fut jetté en une prison obscure et infame, où durant trois jours il ne fit que pleurer sa faute, demandant à Dieu la grace de pouvoir mourir en icelle.

Le Bascha voiant qu’il continuoit en sa resolution, le fit conduire au supplice, où il alloi joyeusement, portant une couronne d’étouppe en forme de Thiare sur la teste, et une Croix de bois au dessus, et ainsi chargé d’opprobres et injures, tant des Turcs que des Mores, et même des Renegats, qui le sollicitoient avec leur maudite Religion, il fut rosty à petit feu un peu hors de la ville près le Cimitiere des Chrestiens, lesquels peu apres allerent soigneusement rechercher les sainctes reliques et ossements, et trouverent la pluspart de son coprs entier que le feu avoit epargné, et le cacherent dans un tonneau et quelque temps apres l’apporterent dans la ville secrettement, où nous l’honnorons comme un vray Martyr. Et en effect, Madame, nous pouvons dire asseurément qu’il fait beaucoup de miracles, et que nous recevons une grande consolation de ses sainctes reliques.

Nous n’aurions jamais fait, et nous serions trop importuns envers votre Majesté, de raconter icy toute les miseres et calamitez que nous souffrons : il suffit de dire que nous sommes icy traittez comme de pauvres bestes, vendus et revendus aux places publiques à la volonté de ces inhumains, lesquels puis apres nous traittent comme des chiens, prodiguans nostre vie, et nous l’ostans, lors que bon leur semble, et en un mot ils croyent gaigner des indulgences et rendre de grands sacrifices à Mahomet, quand ils tourments et affligent quelques Chrestiens.

Tout cecy, Madame, est plus que suffisant pour émouvoir la tendresse de vos affections royales envers vos pauvres subjets captifs desquels les douleurs sont sans nombre, et la mort continuelle dans l’ennuy d’une si douleureuse vie. Et ce qui est pire, et au-delà de tout ce qui se peut dire et exprimer, est que nous sommes dans le danger éminent de défaillir de la Foy, et perdre l’ame apres le corps, le salut apres la liberté, sous l’impatience de la charge si pesante de tant d’oppressions, qui s’exercent journellement en nos personnes, sans aucune consideration de sexe ny de condition, de vieil ou du jeune, du fort ou du foible : au contraire celuy qui paroist delicat, est reputé pour riche, et par consequent plus mal traitté, afin de l’obliger à une rançon excessive, par lui ou par les siens, ou par ceux que le Ciel inspire aux actions de pieté et charité, esquelles vostre Majesté s’exerce journellement, ce qui nous fait esprerer, en bref la liberté si chere que nous implorons sans cesse, jettant continuellement des soupirs au Ciel afin d’impetrer les graces favorables pour la conservation de vostre Majesté, et de nostre Roy son cher fils, destiné de Dieu pour subjuguer cette nation autant perfide que cruelle, y faisant renaistre la vraye Religion au grand souhait de tous les Catholiques, notamment de ceux qui languissent dans ce miserable enfer d’Alger, une partie desquels ont signé cette requeste en qualité, Madame,

de vos tres humbles, tres obeyssants, tres fidels serviteurs et vassaux les plus miserables de la terre, desquels les noms suivent selon les Dioceses et Provinces de votre Royaume.

dans Les larmes et clameurs des Chrestiens françois de nation, captifs en la ville d’Alger en Barbarie, adressées à la reine régente, par le R. P. Lucien Heraut, Religieux de l’Ordre de la Trinité et Rédemption des Captifs, 1643

Remerciements et nouvelle sollicitation adressés à de généreux Seigneurs Bretons en 1644 pour le rachat d’esclaves

A nos Seigneurs des Etats de la province de Bretagne,

Les Pères Religieux de Notre Dame de la Mercy institués pour la Redemption des Captifs, qui se presenterent à vous aux Estats derniers en ma Personne, comme leur Procureur general, m’ont chargé de vous les représenter encore icy, avec leurs tres humbles Remerciements de la Promesse que vous leur fistes d’avoir égard à leur Requeste

Nos Pères [..] vous conjurent par les entrailles de Sa misericorde et la gloire de Son Christ, d’avoir compassion des Captifs qui languissent Esclaves entre les mains des ennemis de Son Nom. Les vingt huit naturels de vostre Province que vous trouverez compris en cette liste vous y conjurent pour ceux qu’ils y ont laissé. Notre Religieux qui y est demeuré en gage pour le reste des sommes de leur Redemption attend votre secours, et peut estre plus de cinq cent ames, que les miseres de leurs Esclavage mettent aussi bien en peril de la foy que de leurs vies, beniront vos liberalitez. [..]

de vostre tres humble, tres obeissant et tres fidele serviteur, F. Edmond Egreville, Religieux de la Mercy

dans La vive foy et le récit fidelle de ce qui s’est passé dans le voyage de la rédemption des Captifs François, faicte en Alger par les Pères de l’Ordre de Nostre-Dame de la Mercy Rédemption des Captifs, 1645

Liens vers les documents originaux

Etudes contemporaines

Sujet tabou en France, il faut se tourner vers les chercheurs étrangers. Voir par exemple les travaux de G. Weiss du département d’histoire de l’université Case Western aux Etats-Unis dont voici un article récent : Imagining Europe through Barbary Captivity


26 commentaires

  1. Anne de La Roche dit :

    Dans la « Lettre escrite en réponse de diverses questions curieuses sur les parties de l’Affrique, où règne aujourd’hui Muley Arxid, Roy de Tafilete ». » de M.DC.LXX, l’auteur (Monsieur ***) cite un certain Paul Imbert, marin des Sables d’Olonne, esclave à Salé et qui aurait été le premier européen (bien contre son gré) à avoir atteint Tombouctou en accompagnant son maître, un eunuque « blanc, de nation portugaise » (« l’Alcayde Hamar »), à travers le désert. Il était très apprécié de son maître car savait se servir d’instruments de navigation. Je cherche à savoir ce qu’est devenu cet homme : est-il mort en esclavage ? Est-il possible d’avoir les mêmes listes que vous donnez mais pour le Maroc ?

  2. blh dit :

    Il y a également le martyre et l’holocauste des nègres par les juifs trafiquants esclavagistes.

    Par Roger Dommergue Polacco de Ménasce, un Juif en désaccord absolu avec la judéopathie mondialiste totalitaire.

    Quand la communauté noire internationale va-t-elle demander des réparations à la communauté juive pour l’immense préjudice que lui a causé le commerce juif des esclaves? Quand dressera-t-on un monument commémoratif de ce crime de lèse-humanité à ne jamais oublier?
    Parmi ceux qui accompagnaient Christophe Colomb à son arrivée en Amérique, il y avait cinq juifs: Luis de Torres, Marco, Bernal, Alonzo de la Calle, Gabriel Sanchez. Ils persuadèrent Colomb de capturer 500 Indiens et de les vendre comme esclaves à Séville en Espagne. Les juifs furent chassés d’Espagne en 1492 et du Portugal en 1497. Ils s’installèrent aux Pays-Bas où ils fondèrent «la Compagnie hollandaise des Indes Occidentales» (c’est à dire l’Amérique).
    En 1654, Jacob Barsimson fut le premier juif à émigrer de Hollande vers New Amsterdam (New York). De nombreux juifs le suivirent, s’établissant sur la côte et commerçant avec les autochtones. Le premier à exercer ainsi ce métier fut Layman Lévi qui échangeait des pacotilles venues de Hollande contre de précieuses fourrures. Les juifs Nicholas Lowe et Joseph Simon prirent alors part à ce fructueux commerce. Lowe eut l’idée de vendre du rhum aux Indiens sans méfiance. En un rien de temps la ville portuaire de Newport comptait 22 distilleries. Toutes appartenaient à des juifs. L’intoxication alcoolique des Indiens et les massacres perpétrés en état d’ivresse sur les premiers colons européens sont dus à cette initiative juive.
    Newport, qu’on appela longtemps «Newport juif», devint un centre mondial du trafic d’esclaves avec l’Afrique. Les bateaux partaient de Newport vers l’Afrique Occidentale pour y capturer leur cargaison humaine noire. 128 bateaux qui débarquaient des esclaves à Charleston appartenaient à des Juifs de Newport et de Charleston. La traite des esclaves était un monopole juif. Le juif Aaron Lopez joua un rôle très important dans ce monstrueux commerce de 1726 à 1774, il contrôla personnellement 50% de la traite de ces êtres humains dans toutes les colonies américaines.
    En 1717 la première loge maçonnique fut fondée: 90% des membres en étaient juifs. Vingt ans plus tard la loge maçonnique King David fut fondée. Elle était entièrement juive.
    Accompagnons le bateau «Abigaïl» du juif Aaron Lopez jusqu’en Afrique Occidentale. En mai 1752, il fut chargé de 34.000 litres de rhum, d’une énorme quantité de fers à mettre aux mains et aux pieds des Noirs qui seraient ramenés comme esclaves. Il y avait aussi pistolets, poudre, sabres, et une abondante camelote, comme fond de «commerce». Le capitaine Freedman était un juif. Trois mois plus tard ils abordaient la terre d’Afrique où de nombreux agents d’établissements juifs, travaillaient pour le compte des trafiquants d’esclaves, étaient sur place. Les choses se passèrent comme avec les Indiens: les chefs des tribus noirs étaient saoulés au rhum et vendaient or, ivoire et membres de la tribu. Souvent on menait les tribus noires à travers forêts et steppes jusqu’à la côte. Le trajet durait des semaines et beaucoup succombaient. Les cravaches empêchaient les colonnes d’esclaves de s’arrêter. On abandonnait à une mort affreuse ceux qui ne pouvaient suivre. Des ossements jonchaient les pistes. Arrivés à la côte, ils étaient laissés dans leurs fers, inspectés comme du bétail, et gardés par des chiens féroces.
    On leur rasait le crâne et on les marquait au fer rouge, ce qui permettait de reconnaître les fugitifs. Pères, enfants, femmes étaient séparés et de désespoir certains se noyaient en se jetant à la mer. Un voyage sans espace de trois mois était atroce. Manque de place, scènes de folie pour quelques centimètres carrés, matière fécale, fouets pour faire régner le calme. Les femmes étaient violées par l’équipage. Les nombreux morts étaient jetés par-dessus bord.
    Historiens et statisticiens évaluent à 9 millions le nombre des victimes de cette horreur juive banalisée. Véritable holocauste celui-là. 11 millions ont dû survivre débarqués dans les ports américains où ils furent vendus dans de véritables marchés à bestiaux.
    Les bénéfices furent considérables: par exemple le voilier «la Fortuna» revint en Amérique avec 217 Noirs payés 4300 dollars et revendus 41.438 dollars. Dans le nord des États-Unis le trafic d’esclaves était interdit. Les juifs Sandifortd Lay, Woolman, Solomon et Benezet oeuvrèrent afin qu’il devînt légal. L’institut Carnégie de Washington possède de nombreux documents qui prouvent de façon radicale que le vaste trafic d’esclaves fut un monopole juif, sur lequel les non-juifs n’avaient aucune participation. […]
    Parmi les habitants de Newport et de Charleston nous relevons plus de cent noms juifs participant au trafic d’esclaves et à l’exploitation des distilleries, depuis Isaac Gomez à Abraham All, en passant par Felix de Souza et Aaron Lopez connus comme les rois du trafic d’esclaves… Dans un article publié peu avant la guerre des six jours, le Professeur Shahak nous a montré que le trafic d’esclaves entre l’Europe et l’Orient, était entièrement entre les mains des juifs, autre «petit détail …»
    Tous les Juifs connaissaient cet horrible trafic, ce crime monstrueux. Pourquoi les rabbins n’ont-ils pas déféré les auteurs devant un tribunal? Pourquoi les honnêtes petits juifs n’ont-ils pas opposé une âpre résistance à ce génocide authentique, lui, et qui ne souffre pas de contradictions arithmético-techniques [comme au sujet de la révision à la basse – 10 x moins ! – du nombre des Juifs morts durant la Deuxième Guerre mondiale et l’impossibilité technique des gazages massifs d’êtres humains avec du Ziklon B !] ? Aujourd’hui encore l’immense majorité des Noirs aux U.S.A ont le statut social d’assisté. Or cette misère de la masse noire est due aux trafiquants juifs d’esclaves de l’époque.
    Les descendants des trafiquants juifs sont-ils coupables, comme on veut que les Allemands le soient d’un holocauste plus que remis en question? Qu’en pense Bronfman, roi de l’alcool et chantre milliardaire d’un holocauste de 6 millions de juifs, alors que l’American Jewish year book, fixe à 3.300.000 le nombre de juifs présents en 1941 en Europe occupée? Qu’ont fait les juifs en matière de réparations envers la population noire alors que l’Allemagne aura versé en 2030, la somme de 119 milliards 790 millions de marks (Multiplier par 3 pour avoir l’équivalent en francs) !!!
    Que vont faire les Juifs pour entretenir la mémoire et le sentiment de culpabilité juive envers les Noirs? Ce génocide va-t-il être rappelé sans cesse dans les médiats? Les politiciens juifs vont-ils sans cesse demander pardon aux Noirs? Va-t-on conduire les enfants juifs sur les lieux du crime ou à des expositions? Vont-ils faire en sorte que cet horrible génocide ne tombe jamais dans l’oubli?
    Actuellement des êtres humains en provenance d’Asie, d’Amérique Latine et d’Afrique sont l’objet de trafics menés par des juifs. Que vont faire les juifs à leur égard? Et les Palestiniens? Qui en dehors du professeur Shahak, va s’élever contre le martyre et l’injustice qui leur est imposé? Où sera le monument commémoratif et quelles réparations les juifs vont-il accorder aux Russes pour ceux massacrés dans des Goulags par un régime entièrement juifs par ses idéologues, ses financiers, ses politiciens, ses administrateurs et ses bourreaux carcéraux et concentrationnaires, ou réduits à des famines volontairement agencées comme en Ukraine où il y eut six millions de morts?
    Les juifs vont-ils demander pardon pour l’outrecuidance de leurs livres saints racistissimes: «Le peuple de Yahwé est le peuple distingué parmi tous les peuples.- Israël est le peuple élu entre toutes les nations – Le Seigneur t’a choisi pour être son peuple à lui parmi tous les peuples de la terre – Tous les peuples que le Seigneur ton Dieu te livre, tu les dévoreras et les regarderas sans pitié – De tes fils tu feras des princes par toute la terre – Yahwé a mis Israël à la tête de toutes les nations – Le Seigneur ton Dieu exterminera les peuples chez qui tu te rends pour les déposséder de leur territoire – Les Dieux des autres peuples sont des fantômes, des idoles et des démons.- Aux serviteurs des idoles il faut faire une guerre d’extermination.»
    Y a-t-il une phrase analogue de ce type mystico-mégalo-paranoïaco-raciste dans tout Mein Kampf? Non! Absolument pas.

    Autres sources et travaux:
    Who brought the slaves to America?-(Liberty Bell, decembre 1976).
    Elisabeth Donnan: Documents illustrative of the History of the slave trade to America.
    Malcom Cowley: Adventures of an African slave. (1928).
    Rabbi Morris A. Gutstein: The Story of the Jews in Newport. (Carnegie Institute of Technology-Pittsburgh).
    The Secret Relationship Between Blacks and Jews publié en 1991 par The Nation of Islam, PO Box 551, Boston MA 02119, USA.

    • Derville dit :

      Le terme d’holocauste n’est pas très approprié pour caractériser la traite transatlantique des Africains sub-sahariens. Ce terme désigne en effet « le meurtre à grande échelle d’un groupe social ou ethnique » à la manière d’un génocide, ce qui n’était pas à ma connaissance l’objectif de cette traite. Néanmoins, certains historiens comme Tidiane N’Diaye qualifient la traite des sub-sahariens par les arabo-musulmans de génocide notamment du fait de la castration des captifs (lien). En ce qui concerne le rôle des Juifs dans la traite transatlantique, je ne suis pas sûr qu’un « négationniste » ou la « Nation of Islam » soient des sources très objectives… Pour ma part, je préfère les textes d’époque comme le journal de William Snelgrave (disponible ici) mais en le parcourant rapidement je n’ai rien lu au sujet des Juifs en particulier.

    • lhddt dit :

      « Roger Dommergue Polacco de Ménasce » – ça demande un peu de circonspection. Personnellement, je n’ai rien trouvé authentifiant le supposé bonhomme. Si on a de sérieuses « preuves » .. merci d’avance, car ça donnerait un poids évident à ce qui reste suspect à mes yeux.

      • blh dit :

        Il y a des indications sur Wiki, ainsi qu’une video .Un petit entrefilet sur ce blog. Mais ce n’est pas là que j’ai trouvé cette référence. Je cherche.

    • nicolas dit :

      tu as quel age

  3. Mallia dit :

    Merci pour cette liste – est-ce qu’il y une autre liste des esclaves maltais au afrique du nord?

  4. Aryana dit :

    Excellent site , Derville ! Ces infos sur les véritables trafiquants d’esclaves noirs vers l’Amérique est édifiant . Pourquoi les Noirs font-ils un mauvais proçès de ces trafics négriers aux Chrétiens alors que c’était un monopole juif ? Et pourquoi les médias ne parlent jamais des esclavagistes barbaresques en Afrique ni du trafic d’esclaves européens , par des juifs , remontant jusqu’au temps des Romains ?

    • derville dit :

      Si vous parlez du texte dans le commentaire de blh, comme je l’ai dit, je préfère les documents d’époque à ceux écrits bien plus tard et donnant une version de l’histoire écrite pour correspondre à une idéologie, que ce soit le multiculturalisme ou le négationnisme ou autre.

  5. […] Source : maitrederville.wordpress.com/2010/07/22/listes-desclaves-francais-des-barbaresques/ […]

  6. […] : maitrederville.wordpress.com/2010/07/22/listes-desclaves-francais-des-barbaresques/ Laisser un commentaire J'aimeSoyez le premier à aimer ce […]

  7. Anne Sarah dit :

    Derville,
    Connaissez vous le nom d’une très jeune enfant française, captive en Afrique du Nord, qui encourageait les autres captifs à garder la foi ?

    • Derville dit :

      Peut-être s’agit-il de Marie-Anne du Bourk, âgé de neuf ans lors de son rachat en 1720. Elle fut capturée par des Barbaresques lors d’une traversée en mer de la France vers l’Espagne avec sa famille. Son navire, sous contrôle de quelques Turcs ou Maures, fit ensuite naufrage sur les côtes d’Afrique du Nord. Après quoi elle fut de nouveau capturée par des Kabyles qui la revendirent. Vous trouverez le récit de ses aventures depuis la page 17 à la page 46 du livre suivant:

      « Voyage pour la rédemption des Captifs aux Royaumes d’Alger et de Tunis fait en 1720 par les P. P. François Comelin, Philemon de La Motte et Joseph Bernard de l’Ordre de la Sainte Trinité »

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1048137/f33.image

      • Clotilde dit :

        Oui Derville c’est bien elle ! Merci beaucoup. J’en avais entendu parler sur votre blog mais je n’arrivais pas à retrouver son nom et l’article en question. C’était une petite fille bien courageuse.

  8. Pinter dit :

    Il semble que seuls les prisonniers mâles furent rachetés?….

    • Derville dit :

      La plupart des captifs étaient des équipages capturés par des navires barbaresques, ce qui explique la disproportion d’hommes et l’importance de villes portuaires comme Saint-Malo, le Havre, Rouen ou Marseille. Les femmes, plus rares, étaient ou bien des passagères ou bien étaient capturées lors de raids sur les côtes. Par exemple, sur la liste des esclaves rachetés en 1720, on lit:

      Marie Antoine Gabeça, de Gênes, âgée de vingt-sept ans
      Marie Gabeça, sa fille, de Gênes, âgée de dix ans
      Mademoiselle Marie-Anne du Bourk, aussi de Paris, âgée de neuf ans
      Angelique Benerekot, sa femme de chambre, de Strasbourg, âgée de vingt huit ans

      Il s’agit de passagères d’un navire de Gêne (Italie) se rendant à Barcelone et ayant fait escale à Sète (France). C’est à Sète que s’embarquèrent la Comtesse du Bourk, ses enfants et des domestiques, pour rejoindre son mari ambassadeur en Espagne. Vous trouverez d’ailleurs le récit des mésaventures de Marie-Anne du Bourk ici:
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1048137/f33.image

  9. Kez dit :

    Y a un Derville qui a été libéré en 1785.
    C’est de ta famille ?

  10. LD dit :

    Je tiens juste à dire à l’auteur de ce site qu’il a fait un travail absolument admirable et exemplaire, un travail fastidieux que bien peu de gens ont eu le courage d’accomplir en entier comme c’est le cas ici. Simplement merci pour la France et pour ces gens, martyrs anonymes, le pire de tous les martyrs.

    • Un travail malhonnête qui nie le fait que la plupart des marchands d’esclaves étaient juifs.

      • Derville dit :

        En arrivant à dépasser votre paresse intellectuelle, vous pourriez lire les textes d’époque écrits par les Trinitaires ou les esclaves. Sont évoqués les mahométans, les Turcs, les Berbères, les Maures, les Kabyles, les renégats (convertis), le dey, le chek, le marabout, le basha, le mufti etc. Des juifs apparaissent aussi, très rarement, avec des Turcs chez le consul de France ou comme marchands de change entre Maures et Trinitaires venus racheter des esclaves:

        « Nous tirâmes avec plaisir de nos caisses les 900 piastres qu’on envoya à l’instant chez les Juifs afin de les blanchir suivant le goût des Maures des montagnes. »
        http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1048137/f62.image

        Mais si vous avez des sources pour appuyer vos propos, je les publierais volontiers, n’ayant aucun parti pris.

  11. grimaldi dit :

    il n’est pas relaté ici les razzias d’esclaves faites en corse dans la même période : environ 400 par ans, idem en Italie et en Espagne. C’est à cause de ces razzias incessantes qu’en 1830, les Français et les Anglais décident de faire la chasse aux pirates Barbaresques, et finiront par bombarder Alger puis par soumettre l’algérie. Conclusion : bien des algériens d’aujourd’hui sont d’origine française!

  12. zurk dit :

    monsieur,vous savez bien que les ecritures anciennes peuvent etre modifiees c’est un peu comme les habits de ce temps comparé a notre temps-ci;franchement je serai vraiment étonne qu’il en reste des européens de ce temps a nos jours-sincèrement je ne croies pas-c’est trop faire des idées

  13. HaaK dit :

    Wow, merci beaucoup de cet article, merci mille fois ! J’ai scruté avec anxiété l’apparition du diocèse de « Bourges ». Mais apparemment mes ancêtres étaient peu aventureux ! ;) S’en souvenir et faire mémoire ! Merci encore !

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