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P. Jouhanneaud sur « La Science du Bonhomme Richard » de B. Franklin

Introduction de Paul Jouhanneaud à l’édition de 1884 en Français de La Science du Bonhomme Richard et conseils pour faire fortune de Benjamin Franklin

Nous devons à quelques-uns de nos lecteurs, surtout à la jeunesse, un mot sur notre publication de ce volume.  Peu, bien peu d’ouvrages, ont obtenu et conservent un renom pareil à celui de la Science du bonhomme Richard. Dès son apparition, répandu partout en Amérique, il a bientôt été traduit dans presque toutes les langues, par milliers d’exemplaires; la France en particulier l’a chaque année propagé dans les moindres hameaux. Nous n’avons point ici à chercher la cause principale de cette popularité sans égale […] Nous ne considérons que ces pages en elles-mêmes, et nous disons : La philosophie du célèbre Américain ne voit que la terre; les biens d’ici-bas forment son horizon. Sans doute, ses conseils au peuple sur la prévoyance, le travail, la fuite des excès, etc., constituent en partie l’art de faire fortune et d’acquérir des sortes de vertus ; sans doute, celui qui arrangerait sa vie selon sa très prudente et très détaillée méthode, ne s’en trouverait pas plus mal. Mais toute cette science est bornée […] Que vaut, en effet, cette morale utilitaire, cette conduite de la vie réglée comme un journal de marchant, par don et avoir. Et si l’homme préfère la satisfaction de ses passions à un profit pécuniaire ou honorifique ? [ …] Par conséquent, en faisant une très large part aux mérites des écrits de Franklin, et en en offrant l’étude, nous voulons que le lecteur corrige ce qui y est, et ajoute ce qui ne s’y trouve point […] S’il n’est qu’utile que tous connaissent les pages de Franklin, il est nécessaire qu’ils sachent en quoi elles sont défectueuses ! En en suivant l’enseignement, on pourra devenir artisan de vertu, commerçant de probité, docteur habile à combiner et acquérir à doses précises l’honnêteté et la justice, mais jamais on ne puisera dans ce prix de revient la sublime abnégation du soldat, du prêtre, de l’artiste, du professeur, du martyr ; jamais, comme dit un économiste distingué, on n’y trouvera « le rayon qui brille au front des Christophe Colomb, des Las-Casas, des François Xavier, des Vincent de Paul, des Fénelon, des Catinat, des chevaliers d’Assas, des Desaix, des Larochejaquelin ; jamais le sentiment de la vraie grandeur, de l’enthousiasme, de l’honneur chevaleresque, de la tendresse, du dévouement, de la charité, l’éclair des inspirations supérieures, la flamme du sacrifice et de la poésie, en un mot le souffle divin »

Paul Jouhanneaud, 1884

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Un commentaire

  1. Debra dit :

    Voici un commentaire clairvoyant sur la.. philosophie ? de Franklin.
    C’est ironique que la petite américaine que je suis a déserté le pays natal pour venir chercher l’antidote à Franklin sur le sol français.
    Franklin gagne du terrain en France, tous les jours, malheureusement…
    Dans le monde, aussi.
    Chaque fois que nous disons « on n’a pas le choix », chaque fois que nous parlons de « la réalité », Franklin gagne du terrain…

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