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L’étrange ascension de Nassurdine Haidari

  1. Un imam comorien
  2. Le projet Rivkin
  3. Ambassade, nouveaux médias et islam: un précédent historique ?

Un « imam comorien » (Le Monde, 17 juillet 2007)

Eh bien, le « musulman »… il t’emmerde !

C’est par ces mots ô combien gracieux qu’un certain Nassurdine Haidari, adjoint au maire PS du 1er secteur de Marseille, commence, et termine, un article publié sur lemonde.fr du 1 Avril 2011 et paru dans la version papier du Monde du lendemain. Mais qui est ce monsieur Haidari ? Un article du journal Salam News n°9 de juillet-août 2009  le gratifie d’une succincte biographie:

Très tôt, la religion prend une place capitale dans sa vie : il est imam dès l’âge de 11 ans, et jusqu’à ses 26 ans. Il apprend l’arabe seul, en autodidacte, et est responsable du prêche du vendredi. En parallèle, il obtient son baccalauréat puis une maîtrise de littérature et langue en arabe classique. Marié, sans enfants, diplômé de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, il est aujourd’hui adjoint au maire (PS) du 1er secteur de Marseille, en charge de la jeunesse, des sports et des associations.

Dans ce même article, il répond à des questions liées à la politique, à l’islam et aux « minorities » :

Comment alliez-vous politique et valeurs éthiques ?

N. H. : Dans mon esprit, il n’y a aucune contradiction entre le partage, l’amour de l’autre – qui sont des valeurs profondément islamiques – et les valeurs de notre pays. Ma construction religieuse m’a permis d’être citoyen. Je suis un enfant de l’islam des caves.*

Quels autres sujets vous touchent en politique ?

N. H. : Ce qui me touche, c’est la représentativité politique des dites minorités. […] L’islam est dans la République, et les musulmans sont républicains : la société doit les respecter comme tels.

Vous dispensez des cours de psalmodie du Coran. Qu’est-ce qui vous plaît dans le fait d’enseigner ?

N. H. : La recherche de tout savoir est une obligation musulmane. […]

Quel message souhaiteriez-vous délivrer ?

N. H. : Mon message est double. J’aimerais que la France se dise qu’elle a aussi une composante musulmane et en soit fière, au même titre que Barack Obama a dit que les États-Unis sont parmi les plus grands pays musulmans. J’aimerais aussi que les musulmans s’engagent de plus en plus dans la vie de la cité

(*On me dit que les musulmans ne boivent pas d’alcool. N’empêche, on entend plus parler de l’islam des caves que de l’islam des salons.)

Toujours dans cet article daté de 2009, Haidari déclare:

Je dispense des cours de psalmodie du Coran, c’est mon domaine de prédilection.

Différentes informations sont disponibles sur le net concernant son passage à l’Institut d’Études politiques d’Aix-en-Provence, que ce soit en tant qu’étudiant de Master pro ou en tant que doctorant:

HAIDARI Nassurdine, L’Islam et les musulmans de Marseille. L’orthopraxie et la socialisation des musulmans de Marseille. Mém. Master pro. : Religion et Société : Aix-Marseille 3, IEP, 2005, dir. : B. Etienne. Dépôt : IEP-Observatoire du religieux (source)

Nassurdine Haidari, doctorant à l’Institut d’Études politiques d’Aix-en-Provence, spécialiste des pratiques de l’islam en France nous en décrit les différentes formes constatées dans l’Hexagone et notamment à Marseille. (source)

HAIDARI Nassurdine, Les nouvelles dynamiques de l’islam en France : les orthodoxies concurrentes : le cas de Marseille et de Lyon. Directeur : FREGOSI Franck. IEP-Aix-en-Provence : Ecole d’été 2007 (source)

Dans un article du Monde du 17 juillet 2007 portant sur un projet de « grande mosquée » à Marseille, Haidari est présenté comme « imam comorien » et prêche pour la construction de « petites mosquées de quartier » :

De ce point de vue, la construction de la grande mosquée constitue-t-elle une réponse ad hoc ? « On n’a pas besoin d’une grande mosquée, mais de petites mosquées de quartier décentes », assure Nassurdine Haidari, imam comorien, dont la communauté est la deuxième en nombre après les Algériens. « Les gens sont plus intéressés par un islam proche de chez eux », pense-t-il.

Un article daté du 24 novembre 2007 et paru sur le Bondy Blog nous en apprend davantage sur son entrée dans la vie politique comme adjoint au maire PS du 1er secteur de Marseille:

La diversité, c’est désormais dans l’air du temps. Les partis politiques ne peuvent plus y échapper. Samedi dernier à Marseille, il y avait une conférence sur le sujet, en présence de politiques locaux tout feu tout flamme à l’approche des élections municipales […] C’est le CRAN Sud–Est (Conseil représentatif des associations noires ) qui avait convoqué tout ce beau monde pour le mettre face « aux minorités visibles » de Marseille. […] Après quelques échanges convenus, le Parisien Fayçal Douhane, délégué national du PS, qui s’est vu confier une mission « diversité » par le premier secrétaire François Hollande, a souligné qu’à Marseille, il y avait tout de même une communauté sans aucun élu pour la représenter, ni à la mairie, ni au conseil général, ni au conseil régional, aucun élu inscrit sur les listes d’aucun parti politique sur Marseille. Il s’agit de la communauté comorienne. […] Fayçal Douhane a émis une idée qui a été accueillie par des applaudissements : «  Patrick, a-t-il dit, je te propose de mettre à tes côtés sur les listes PS pour les municipales Nassurdine Hadari, qui est le vice président du CRAN, comorien, et titulaire d’un doctorat de Sciences-Po ». Nassurdine Haidari a tout entendu. Il était dans la salle. C’était l’organisateur de la soirée. Menucci n’avait plus qu’à approuver : « Très bien, je m’engage à ce que Nassurdine soit présent sur les listes ! ». Engagement peut-être éphémère. Une heure plus tard Douhane frappait le fer le croyant encore chaud : « Je te rappelle, Patrick, que si tu mets Nassurdine sur les listes, il doit être en tête parmi les cinq premiers, pas invisible vers le bas. »

Le site de l’émission Teum-Teum de France 5 consacre aussi un portrait à H. Haidari le 15 mars 2010 :

A 32 ans, il est le jeune président du Conseil représentatif des Français d’origine comorienne. Il est aussi adjoint au Maire et le seul élu d’origine comorienne de la ville. Nassurdine Haidari a grandi dans le quartier du Panier. A l’époque, son seul relais avec la société est la mosquée, « qui canalisait la jeunesse pour ne pas aller dans des mauvais chemins ». Il est imam à 11 ans jusqu’à ses 26 ans. Marseille est la première ville des Comores, avec 70 000 comoriens, contre 60 000 pour Moroni, la capitale des Comores.

Le site de l’émission Sur le banc de France Culture lui consacre un portrait quasi identique le 26 août 2010 :

A 32 ans, Nassurdine Haïdari est le jeune président de l’association des Français d’origine comorienne. Il est aussi adjoint au Maire de Marseille et le seul élu d’origine comorienne de la ville. Il a grandi dans le quartier du Panier, à l’époque son seul relais avec la société est la mosquée, « qui canalisait la jeunesse pour ne pas aller dans des mauvais chemins ». Il est imam à 11 ans jusqu’à ses 26 ans.

A noter que s’il a 32 ans en 2010, alors la fin de sa fonction d’imam à 26 ans a lieu en 2004. Or dans l’article du Monde de juillet 2007, il est présenté comme « imam comorien ».

Le projet Rivkin

Outre le fait d’être à l’intersection de trois ‘communautés’ (Islam, CRAN, Comores), un aspect intéressant du personnage est une possible affiliation au projet Rivkin.

Notre objectif est d’intervenir dans la population française à tout niveau […] faisant ainsi avancer les intérêts des Etats-Unis

A la pointe de cet effort, le programme inter-agences Youth Outreach Initiative de l’ambassadeur a pour but de créer une dynamique positive parmi les jeunes français afin qu’ils supportent les objectifs et les valeurs des Etats-Unis

Minority engagement strategy, Ambassador Charles H. Rivkin, Embassy Paris, 19-01-2010 (source)

Le projet Rivkin est le nom officieux donné à la politique culturelle de lobbying menée par les Etats-Unis en France et dont l’ambassade à Paris est le fer de lance. Cette stratégie, dévoilée par la fuite de mémos diplomatiques sur le site Wikileaks, consiste essentiellement à défranciser, communautariser et américaniser la jeunesse française d’origine étrangère notamment musulmane puis à en pousser des éléments à des postes à responsabilité où ils pourront servir les intérêts des Etats-Unis. La lecture des mémos envoyés par l’ambassadeur à son pays donne une idée de l’ampleur de la stratégie: réforme des programmes scolaires français en histoire, pressions sur les élus et les conseillers politiques, création de réseaux sociaux et de sites internet, entraînement d’activistes politiques et médiatiques, promotion de la culture américaine dans les banlieues (lire Samuel L Jackson, V.R.P du modèle US à Bondy), invitation aux États-Unis de responsables politiques ou associatifs, introduction de la discrimination positive etc. Nous donnons ici quelques extraits qui concernent plus particulièrement leur stratégie à destination des élites françaises:

Nous allons continuer et augmenter nos efforts pour amener des ”minority leaders” en France depuis les Etats-Unis […] nous envoyons des leaders français aux Etats-Unis

Nous allons aussi développer de nouveaux outils pour cibler, acquérir des informations et influencer les futurs leaders français

En nous appuyant sur notre travail avec deux sites d’envergure à destinations des jeunes musulmans francophones – oumma.com et saphirnews.com (1) – nous allons aider, entrainer et mettre en place des activistes politiques et médiatiques (2)

Ce groupe [Minority Working Group, ndlr], travaillant en tandem avec le programme Youth Outreach Initiative, va identifier et cibler les leaders et les groupes influents

Minority engagement strategy, Ambassador Charles H. Rivkin, Embassy Paris, 19-01-2010 (source)

(1) On pourrait ajouter grioo.com, le Bondy Blog et autres sites du même type dont les responsables travaillent avec l’ambassade américaine (source)

(2) Ex: Patrick Lozès du CRAN (source), Rokhaya Diallo des Indivisibles (source), Amirouche Laïdi du Club Averroes (source) etc.

Cette forme d’ingérence n’est pas nouvelle. Depuis les divergences d’intérêts entre de Gaulle et les Etats-Unis (sortie de l’OTAN etc.), ces derniers ont à coeur de favoriser en France l’émergence d’hommes politiques qui leur sont plus favorables. Ce sont par exemple de jeunes participants au programme « International Visitor Leadership » (IVLP) dénommés Sarkozy, Fillon, Juppé, Boutin qui 30 ans plus tard seront au pouvoir (ré-entrée dans l’OTAN etc.). Voir par exemple cette note intitulée French Presidential Elections Exemplify IVLP Success. Extraits d’un article paru le 17 avril 2010 sur Slate.fr:

Il y a 30 ans, les invités du Programme des visiteurs internationaux (International Visitor Leadership, un programme d’échanges dont le but est de construire une «compréhension mutuelle» entre les pays des invités et les Etats-Unis) s’appelaient Nicolas Sarkozy, François Fillon ou Lionel Jospin… […] Sur la trentaine de Français qui font le voyage chaque année, plus d’un quart suivent désormais un programme sur le thème de l’intégration. Les élus du printemps 2010 étaient, entre autres, Rokhaya Diallo (de l’association Les Indivisibles), Najat Azmy (de l’Acsé, l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances) et Ekoué Labitey, rappeur du groupe La Rumeur.

L’utilisation par les Etats-Unis de la « diversité » comme vecteur d’ingérence semble plus récent, comme en témoigne cet article paru dans le magazine suisse L’Hebdo du 15 novembre puis dans Courrier International du 29 novembre 2007:

La diversité, c’est ce terme correct, promu dans le cabinet de l’ex-ministre délégué Azouz Begag et que les émeutes des banlieues de l’automne 2005 puis les élections présidentielles et législatives de 2007 ont fini par installer dans le vocabulaire politique […] il recouvre surtout une réalité : celle d’une « deuxième » France, d’un pays émergent à l’intérieur de la République […] Les attentats du 11 septembre 2001 ayant été pensés en Allemagne, les Américains ont grand besoin de mieux connaître les « musulmans » d’Europe. Si tu ne peux le combattre, embrasse ton ennemi. […] il y a un programme confié par la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice à Dan Fried lors de sa prise en main des affaires européennes en mai 2005. Ce plan consiste à développer des liens étroits avec les minorités musulmanes en Europe. Depuis, chaque ambassade américaine sur le Vieux Continent compte au moins un collaborateur dévolu à cette mission.

En France, les personnes chargées de cette mission sont par exemple Randiane Peccoud et Laura Berg, comme l’indique Faits & Documents n°303 d’octobre 2010 (à lire ici):

« Fin septembre, à l’initiative de l’International Visitor leadership Program, « 26 entrepreneurs, tous musulmans, sont pour trois semaines les hôtes du gouvernement américain » indique le journal arabe Al Kanz. Parmi eux, Nabil Djedijk, secrétaire général du syndicat patronal SPMF (Synergie des professionnels musulmans de France). Toutes ses opérations de séduction (que certains pourraient qualifier de manipulation) sont orchestrées par Laura Berg, attachée culturelle de l’ambassade, et surtout par une Française, Randiane Peccoud, qui supervise, depuis une dizaine d’années, les opérations américaines en direction de la communauté musulmane. »

Al Kanz norvégienvikingBon d’accord, va pour norvégien.

Randiane PeccoudRandiane Peccoud lors d’un dîner du CRAN

Au vu des personnes spécifiquement visées pour être prises en main par l’ambassade, les caractéristiques recherchées semblent désormais être:  français(e) d’origine étrangère, si possible avec une autre nationalité, si possible jeune, si possible musulman(e), si possible noir(e) ou arabe, si possible ayant des ambitions politiques etc. N. Haidari rassemble assurément beaucoup de ces qualités: « français d’origine africaine, de filiation comorienne, de confession musulmane » (source). L’intérêt des États-Unis pour les musulmans français a été manifeste lors de la venue en France du 19 au 22 octobre 2010 d’une délégation du Pacific Council on lntemational Policy (PCIP) à l’invitation de l’ambassadeur des États-Unis. Les membres de la délégation ont par exemple: rencontré Rachida Dati, dîné à l’Institut du Monde Arabe, visité la Grande Mosquée de Paris, déjeuné avec Dalil Boubakeur, visité la banlieue de Saint-Ouen (93), rencontré l’imam de la mosquée Essalame qui les a accueilli avec tasses de thé et petits fours, ou encore diné* le mardi 19 octobre à 20 heures à la résidence de l’ambassadeur en présence de Yazid Sabeg et Ghassan Salame (voir par exemple le site du PCIP ici, ou encore cet article du Parisien daté du 25 octobre).

(*Ils ont passé leur temps à manger, ma parole !)

Concernant la méthode d’approche par les États-Unis de jeunes Français d’origine étrangère, le témoignage d’Ali Soumaré dans France Soir du 6 août 2010 est éclairant:

Le jeune conseiller régional PS de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) nous raconte en détail le déroulement et le contenu de ses entretiens avec les responsables de l’ambassade des États-Unis à Paris. Un témoignage surprenant et instructif.

France-Soir. Comment les responsables de l’ambassade vous ont-ils repéré ?
Ali Soumaré. Je suis entré dans leur base de données, qui est impressionnante, à la suite des événements de Villiers-le-Bel. Leur « listing de la diversité » dépasse de loin celui de tous les partis politiques.

F.-S. Qui a établi le contact avec vous ?
A. S. Randiane Peccoud (chargée de la société civile au bureau des affaires culturelles à l’ambassade des Etats-Unis). Elle a le meilleur carnet d’adresses français de la diversité, elle a tous les contacts : leaders d’opinion, politiques et associatifs. Mon émergence lors de la campagne des régionales, en mars, a développé leur intérêt pour moi. Pendant la campagne, c’était compliqué de se parler. Mais après l’élection, le responsable du bureau politique de l’ambassade a d’autant plus souhaité me rencontrer.

F.-S. Dans quel but ?
A. S. Il voulait savoir quels étaient mes contacts avec Martine Aubry (la première secrétaire du PS), comprendre ce qui s’était produit autour de moi, avoir mon point de vue sur la campagne, sur l’émergence potentielle d’autres leaders de la diversité. Il souhaitait aussi en savoir plus sur les figures actuelles : Rachida Dati, Rama Yade…

F.-S. Quand a eu lieu votre dernier rendez-vous à l’ambassade ?
A. S. Il y a deux mois et demi, environ, sept ou huit personnes étaient présentes. L’entretien a duré près de trois heures et il aurait pu se poursuivre très longtemps ! […]

F.-S. En quoi sont-ils intéressés par votre carrière ?
A. S. Ils veulent savoir si j’ai un plan com dans les deux ans qui viennent, si je souhaite devenir député, si l’on m’a déjà sondé sur mon envie d’être ministre. Ils ont rentré toutes les hypothèses pour 2012. Ils anticipent le retour de la gauche au pouvoir et me demandent si cela m’intéresserait d’avoir davantage de responsabilités, si, et comment, j’y travaille.

Cette méthode apparait aussi dans une interview d’Alain Dolium sur Grioo.com:

Grioo.com: Comment en êtes-vous arrivé à être invité au Black Caucus alors que vous êtes français ?
Alain Dolium: Effectivement, il faut savoir que les Etats-Unis via leurs ambassades, et notamment celle de Paris, font un travail très approfondi de repérage de ceux qu’ils appellent les futurs leaders dans les domaines économique, politique, social…Suite à ma campagne pour la Présidence de la région Ile de France au nom du Mouvement Démocrate, l’ambassade des Etats-Unis m’a contacté et dans la foulée j’ai rencontré le service politique et le service des affaires publiques.

Quid de N. Haidari dans tout cela ? En février 2010, lui aussi a déjà éveillé l’intérêt des États-Unis: il fait partie d’une délégation invitée outre-Atlantique à une manifestation culturelle ciblant spécifiquement les jeunes pousses de la politique française d’origine étrangère. Parmi cette délégation se trouvent notamment:

Enoch Effah – Founder, RSBF France-Ghana & 13th Round

Tara Dickman – Program Director, Humanity in Action

Réda Didi – Member, Council for Sustainable Development

Leyla Arslan – City Counselor, Lle-Saint-Denis

Nassurdine Haidari – Mayor-Deputy (PS) of Marseilles’ 1st district

Mohammed Chirani – The Republic’s Pilgrim, Prefect’s Delegate of Beaudottes-Sevran

Leila Touati – Activist, Committee Against Discriminations of the 20th district of Paris (PS)

Ladji Real – « Yes we Can Production » Producer, Screenwriter, Film Director & Actor

Randianina Peccoud – Civil Society Specialist, Office of Cultural Affairs, US Embassy Paris

(source)

Ce voyage aux Etats-Unis accompagné par Randiane Peccoud, l’employée de l’ambassade des États-Unis qui avait établi le contact avec Ali Soumaré, conforte l’idée que N. Haidari a lui aussi été pris en charge par cette ambassade.

Pour en revenir à son article intitulé « Eh bien, le « musulman »… il t’emmerde ! » paru dans Le Monde du 2 avril 2011 à l’occasion du ‘débat’ sur la laïcité, on observe qu’il reprend largement un article précédemment publié le mercredi 12 janvier 2011 sur… oumma.com.

Extrait de l’article de N. Haidari paru sur oumma.com en janvier (les différences entre les deux extraits sont entre crochets):

Oui ! Je suis élu de la République, socialiste, marseillais, supporter de l’OM, français d’origine africaine, de filiation comorienne, de confession musulmane, et je ne renoncerai à rien pour vous plaire. Je ne céderai ni aux appels des racistes notoires ni aux déclarations nauséabondes de ceux qui [idéologiquement] n’ont plus rien de républicain. Je lutterai pour qu’enfin l’islam puisse reprendre toute sa place dans la République laïque, respectueuse de la liberté de conscience.

Je me battrai de toutes mes forces pour que les citoyens français de confession musulmane puissent bénéficier [de la dignité], du respect, et de la considération que la loi française garantit à chaque citoyen. Je me battrai [de toutes mes forces] pour que la deuxième religion de France puisse bénéficier des lieux décents comme toute autre religion de l’Hexagone.

[Toutefois], nous devons dorénavant savoir que sur la longue liste des discriminations, la suspicion d’appartenance à l’islam est devenue la nouvelle arme de destruction massive des prêcheurs de haine. Et bien, à bon entendeur salut ……, car le « musulman » que je suis, il t’emmerde !

Extrait de l’article paru dans Le Monde du 2 avril 2011 à l’occasion du ‘débat’ sur la laïcité:

Oui ! Je suis élu de la République, socialiste, marseillais, supporteur de l’OM, Français d’origine africaine, de filiation comorienne, de confession musulmane, et je ne renoncerai à rien pour vous plaire. Je ne céderai ni aux appels des racistes notoires ni aux déclarations nauséabondes de ceux qui n’ont plus rien de républicain. Je lutterai pour qu’enfin l’islam puisse reprendre toute sa place dans la République laïque, respectueuse de la liberté de conscience.

Je me battrai de toutes mes forces pour que les citoyens français de confession musulmane puissent bénéficier du respect et de la considération que la loi française garantit à tout citoyen. Je me battrai pour que la deuxième religion de France puisse bénéficier de lieux décents comme toute autre religion de l’Hexagone.

Nous devons dorénavant savoir que, sur la longue liste des discriminations, la suspicion d’appartenance à l’islam est devenue la nouvelle arme de destruction massive des prêcheurs de haine. Eh bien, à bon entendeur salut, car le « musulman » que je suis, il t’emmerde !

Oumma.com est avec Saphirnews.com un des sites avec lesquels travaille l’ambassade américaine pour, selon ses propres termes « mettre en place des activistes politiques et médiatiques » (cf. le mémo Wikileaks 10PARIS58 évoqué plus haut). Saphirnews a d’ailleurs publié plusieurs interviews de N. Haidari à diverses occasions (ici en juillet 2009, en septembre 2010). Le Bondy Blog, qui avait aussi publié en novembre 2007 un article sur ce monsieur, n’est pas non plus sans lien avec cette même ambassade, comme le montre cette dépêche AFP du 13 avril 2010:

« J’avais promis de revenir avec une vedette. Aujourd’hui je reviens avec une star d’Hollywood, un des plus grands ambassadeurs de la culture américaine », a dit d’entrée de jeu l’ambassadeur des Etats-Unis en France, Charles Rivkin, qui s’était rendu à la Courneuve (Seine-Saint-Denis) la semaine dernière. […] « Quels conseils donneriez-vous aux jeunes pour réussir dans la vie ? », lui demande Idir, un des journalistes du Bondy Blog, créé pendant les émeutes de 2005 en banlieue, et qui a accueilli la rencontre dans ses locaux

Pour finir, d’autres extraits d’un article paru dans le magazine suisse L’Hebdo du 15 novembre puis dans Courrier International du 29 novembre 2007:

Mercredi 7 novembre [2007, NDLR], au moment où Nicolas Sarkozy s’adressait au Congrès à Washington, Dan Fried, directeur des Affaires européennes au Département d’Etat, recevait des acteurs de la diversité française dans la bibliothèque d’apparat de l’ambassade américaine à Paris.

Face au directeur des Affaires européennes, la diversité était représentée ce soir-là par Ali Laïdi, […] Saïd Branine, responsable du site Internet musulman oumma.com, Hervé Mbouguen, également animateur d’un site Web, grioo.com, dédié aux Noirs, Fayçal Douhane, du conseil national du Parti socialiste, en charge des questions de diversité – et c’est tout sauf facile au PS –, et un membre du BondyBlog

A l’origine de cette rencontre, il y a un programme confié par la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice à Dan Fried lors de sa prise en main des affaires européennes en mai 2005. Ce plan consiste à développer des liens étroits avec les minorités musulmanes en Europe. Depuis, chaque ambassade américaine sur le Vieux Continent compte au moins un collaborateur dévolu à cette mission.

Cet été, Farah Pandit, une musulmane, adjointe de Dan Fried au Département d’Etat, était venue constater de ses yeux à quoi ressemblait le fameux département de Seine-Saint-Denis, le 93. Elle y avait passé un après-midi avec le Bondy Blog.

L’Amérique ne se contente pas d’aller dans les banlieues françaises. Elle invite aussi des acteurs de la diversité à se rendre chez elle. En trois ans, une cinquantaine d’entre eux, conviés par le Département d’Etat, ont eu droit à cette forme de reconnaissance. Cette année, Fayçal Douhane, Amirouche Laïdi, le président du Club Averroes qui milite pour la diversité dans les médias, et Stéphane Pocrain, ex-porte-parole des Verts, s’y sont rendus. Ali Laïdi, frère d’Amirouche, en revient. En avril 2008, Mohamed Hamidi, du Bondy Blog, et Karim Zéribi, homme politique et responsable associatif de Marseille, y effectueront un voyage de trois semaines. De même que Patrick Lozès, le président du CRAN (Conseil représentatif des associations noires), un groupe de pression mis en relation avec son grand frère américain, le NAACP, grâce aux bons soins de l’ambassade US à Paris.

Qui est ce Faycal Douhane, reçu à l’ambassade américaine par le directeur des Affaires européennes au Département d’État, et qui été convié aux États-Unis par ce même Département d’État en 2007 ? … Celui-là même qui, un soir de novembre 2007, avait mis le pied de N. Haidari à l’étrier pour entrer dans la politique française:

Samedi dernier à Marseille, il y avait une conférence sur le sujet, en présence de politiques locaux tout feu tout flamme à l’approche des élections municipales […] C’est le CRAN Sud–Est (Conseil représentatif des associations noires ) qui avait convoqué tout ce beau monde […] Fayçal Douhane a émis une idée qui a été accueillie par des applaudissements : «  Patrick [Mennucci, ndlr], a-t-il dit, je te propose de mettre à tes côtés sur les listes PS pour les municipales Nassurdine Hadari, qui est le vice président du CRAN, comorien, et titulaire d’un doctorat de Sciences-Po ». Nassurdine Haidari a tout entendu. Il était dans la salle. C’était l’organisateur de la soirée. […] Une heure plus tard Douhane frappait le fer le croyant encore chaud : « Je te rappelle, Patrick, que si tu mets Nassurdine sur les listes, il doit être en tête parmi les cinq premiers, pas invisible vers le bas. »

(source)

Etats-Unis 1 – France 0

Ambassade étrangère, nouveaux médias et islam: un précédent historique ?

La stratégie d’ingérence de l’ambassade américaine depuis 2005 semble reposer sur le triptyque:

  1. manipulation de la communauté musulmane dans un autre pays pour y gagner en influence
  2. nouveaux médias supportés par l’ambassade (ex: Bondy Blog, Oumma.com, Saphir News)
  3. réseau de collaborateurs mis en place de longue date (ex: International Visitor Leadership)

Cette méthode rappelle la stratégie de l’ambassade allemande en France durant la seconde guerre mondiale:

  1. recrutement et utilisation de musulmans comme 5ème colonne: citons par exemple le cas de la ville de Villefranche-de-Rouergue, occupée  par l’imam Halim Malkoc et ses hommes à la solde des Allemands, lesquels jouaient de la flatterie pour manipuler les musulmans:  « On doit garantir à tous les membres musulmans des Waffen-SS et de la police le droit indiscutable, prévu par leur religion, à ne pas manger de la viande de porc et à ne pas boire de boissons alcooliques. Il faudra leur garantir des menus équivalents. (…) Je ne veux pas que, par la stupidité et l’étroitesse d’esprit de quelques individus isolés, un seul de ces héroïques volontaires eut à ressentir une gêne et à se croire privé des droits qui leur ont été assurés. (…) J’ordonne que chaque infraction à ces dispositions soit punie sans la moindre hésitation et qu’on m’en rende compte » – Adolphe Hitler, 1943
  2. mise en place de nouveaux médias comme la radio RMC, inaugurée le 1er uillet 1943, et sous contrôle du ministère des Affaires étrangères allemand.(source)
  3. mise en place d’un réseaux de collaborateurs français (« collabos ») ou musulmans (Halim Malkoc).

Les États-Unis, empire en guerre, se sont-ils inspirés du 3ème Reich pour manipuler des musulmans en vue d’en faire des supplétifs contre d’autres pays ? Financement et entraînement des Talibans par la CIA contre les Russes, musulmans recrutés par l’ambassade américaine en France pour servir les États-Unis en échange de postes confortables, utilisation du Qatar pour acheter des parts dans des groupes français ou financer les « banlieues », utilisation de groupes liés à Al Qaida en Libye pour éliminer Kadafi etc., la ressemblance de la méthode est troublante.

En savoir plus:


3 commentaires

  1. […] Voilà comment au sein d’un parti de la République Française laïque, un imam devient responsable politique au Parti Socialiste. Lire l’intégralité de l’enquête sur le blog de Derville. […]

  2. Ramona Gwobee dit :

    Bonjour, intéressant de voir que ce personnage, certes capable, et inconnu, est en couveuse, et prêt à profiter d’une logistique pour une cause qui nous échappe en partie.
    Finalement, à un certain niveau universitaire/politique, ce qui parait au péquin l’improbable exception relève du bizness quotidien : gérer notre sociologie, main dans la main avec des étasuniens.
    cf. http://www.columbia.edu/cu/alliance/videos/alliance_muslim_integration_europe_1078.html

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