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Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises

Description des singularités des plus célèbres villes, châteaux, forteresses, églises, temples, abbayes et places remarquables du royaume de France, est un livre de François Des Rues publié en 1611. Il commence par une présentation générale de la France: origine des Français, étymologie des mots France et Gaule, frontières du pays, description des peuples et dialectes que l’on y trouve et organisation politique. Cette longue préface est suivie du contenu principal du livre, à savoir la description et l’histoire des villes les plus célèbres et de leurs monuments. Il se termine enfin par un index de ces villes. Ce livre a l’intérêt de présenter l’histoire de France telle que conçue au début du 17ème siècle, c’est à dire peu avant la naissance de Louis XIV. Il est consultable sur le site de la BNF dans l’édition de 1608 et dans la ré-édition de 1611 qui comprend des cartes et des illustrations.

Extraits

Les extraits qui suivent sont donnés en ayant légèrement corrigé l’ancien Français afin de faciliter la compréhension. L’édition de 1608 commence par une adresse de l’imprimeur au lecteur.

« L’imprimeur, au lecteur bénin. [ndlr: bienveillant, aimable, indulgent]

Ami lecteur, toi qui est studieux de l’antiquité [ndlr: histoire] gauloise [ndlr: française] et curieux de savoir et connaître plusieurs singularités de la Gaule mo- [ndlr: ...derne ?], l’auteur, tu le préféreras à bon droit à plusieurs autres qui se fondent sur de longs discours sans cours, et qui, pour représenter la naïveté [ndlr: l’ignorance] du fait, remplissent de grands cahiers de toutes sortes de menus fatras, et enfin après avoir fait semblant de froisser un grand os, n’en tirent et montrent qu’un bien petit de moelle. Davantage cette description laconienne soulagera merveilleusement ta mémoire, laquelle déjà assez travaillée et fatiguée par l’exercice assidu en plusieurs autres affaires, comprendra plus aisément et sans aucun ennui, tout le contenu. Ce qui t’occasionnera derechef de la prendre souvent en main, soit que tu sois en ta maison, ou bien aux champs, soit que tu sois désireux de voir ce grand et florissant royaume de France. Car en ce cas là tu trouveras en cette description assez de quoi contenter ton esprit, et par la lecture de celle-ci tu apprendras plusieurs choses desquelles peut-être tu n’espères avoir la connaissance par le moyen de la vue [ndlr : en allant sur place].

la beauté de ce pays, l’humanité, débonnaireté et courtoisie de cette nation

Et quand à l’autre, si la beauté de ce pays, l’humanité, débonnaireté et courtoisie de cette nation t’y attire, considère un peu je te prie le profit et la commodité qui te reviendra de la lecture d’une telle description; vu que par le moyen de celle-ci, étant préalablement informé des singularités de chacun des lieux les plus remarquables du dit pays, et y arrivant, tu apporteras quand et quand une telle assurance que tu ne t’estimeras point forain et étranger, ainsi tu y viendras proprement au devant comme si tu y avais déjà été. Et qui plus est rien ne t’échappera de cette singularité, que tu ne la vois et contemples. Pour ces causes et raisons je t’ai voulu faire part (comme dessus dit) de la présente Description, te priant de la vouloir recevoir de bonne part et t’opposer aux médisants et âmes satiriques qui auraient envie de m’offenser. Adieu. »

Puis commence le livre de François Des Rues proprement dit.

« De l’excellence de la France et des victoires des François

Entre toutes les nations du monde, il n’y en a jamais eu aucune qui puisse se vanter d’avoir été plus florissante, mieux accompagnée de vertu, plus favorisée par la fortune [ndlr : au sens de destin], qui ait eu des choses plus admirables, des succès plus signalés, et qui ait été mieux unie et mieux fondée que celle de France. Car combien les monarchies des Assyriens, des Perses, des Mèdes et des Romains aient été de plus grande étendue que celle des François, il est vrai qu’il ne s’est jamais vu d’empire plus florissant, mieux uni, mieux fondé, et de plus longue durée, plus illustre en beauté et bonté de terre, situation de pays, richesse de peuples et gentillesse d’esprit, soit pour la paix ou pour la guerre, que ne l’a été la monarchie des François.

Quand aux personnes illustres qui incarnent la loi et l’âme de l’Etat, il n’y a aucune nation qui puisse mettre en avant un plus grand nombre d’excellents personnages que la France. Pour le fait de la guerre, celui qui voudra considérer toutes les choses qui ont été faites, les conquêtes, les batailles, les voyages outre mer pour la religion chrétienne et comment d’un petit commencement ce royaume est devenu si grand, qu’il s’est rendu redoutable à toute l’Europe et à l’Asie, que toutes les nations étrangères, tant de l’une que de l’autre partie de la Terre, ont senti ses armes : il verra quelle a été sa grandeur et sa force.

Les Romains furent chassés par les premiers François; les Huns, qui sous la conduite d’Attila, étaient entrés en Gaule jusqu’au nombre de cinq cent milles combattants, furent repoussés, les bourguignons débellés [ndlr : vaincus], les anciens Allemands subjugués, les Sarazins déconfits, les Arrians descendus d’Afrique exterminés [ndlr : les Vandales ?], les Goths, Ostrogoths, Visigoths, Alains, Huns, et Suèves défaits, l’orgeuil des ducs de Bretagne rabattu; les Saxons domptés, les Anglois renvoyés au-delà de l’Océan, hors de nos limites. Bref, il n’y a nation si barbare, ni peuple si cruel qui n’ait été vaincu et surmonté par la vaillance des François. De l’origine desquels pour cette cause il ne sera point hors de propos de toucher brièvement quelque chose. »

« De l’origine des François

Les auteurs modernes et les mieux approuvés qui ont par curiosité écrit sur l’histoire de France et comme alambiqué les diverses opinions de ceux qui en ont traité par le passé, tiennent que c’est chercher la vérité dans la vanité, et suivre une commune erreur, d’imaginer l’origine des François aux masures et cendres de Troie, nous faisant descendre de je ne sais quel Francus fils d’Hector, d’autant que dans les plus anciennes histoires des Troyens, on ne lit pas un seul mot de ce Francus ou Francion fils d’Hector car celui-ci n’eut jamais qu’un seul fils nommé Astyanax lequel à l’âge de deux ans fut précipité par les Grecs du haut d’une tour après la mort de tous les enfants et héritiers de Priam. Ce qui fut fait afin d’exterminer complètement la race de ceux qui à l’avenir pourraient ressentir des injures faites à eux par les Grecs [ndlr: et se venger...].

Et, assurent les mêmes auteurs modernes, que nous pouvons seulement trouver l’origine des François que dans la basse Allemagne, au pays dit Franconie, lequel porte encore le nom de ses anciens habitants et les marques de leur ancienne possession [ndlr : La Franconie (en allemand Franken) est une région géographique et historique du centre-sud de l'Allemagne annexée depuis 1815 à la Bavière], pays d’où Mérovée roi de ces peuples nommés Francons, ou Francs, passa le Rhin et les mena en Gaule, environ l’an quatre cents quarante neuf (néanmoins que les prédécesseur y eussent auparavant fait plusieurs courses) et changea le nom de Gaule en France, faisant des deux peuples, Gaulois et François, un seul peuple. Or de vouloir rechercher ou disputer s’ils étaient originaires du pays ou venus d’ailleurs, la recherche en est du tout inutile étant impossible. Il y a quelques graves historiens qui ont voulu dire que les François s’appelaient ainsi du mot franc ou franchisé, parce que ceux-ci ayant refusé le tribut aux Romains s’affranchirent; et par après portent le nom de Francs, comme gens hardis et courageux; ne voulant être sujets à la domination des princes étrangers; et que de là serait venu la coutume que les rois françois portent en leurs anciens titres écrits en latin, Rex Francorum, comme qui dirait roi des Francs, et non Rex Francia; vu que les autres rois et empereurs se disent seigneurs des terres, et celui-ci roi des hommes, et de ceux francs et libres.

Or d’autant que les peuples étrangers ont toujours mieux reconnu le lieu et domicile des François sous le premier et ancien nom de Gaule que sous celui de France, je mettrai en avant les opinions que j’ai recueillies touchant l’origine du mot de Gaulle. »

« D’où est venu le nom de Gaule

Plusieurs trouvent que le nom de Gaule vient du mot grec gala, qui signifie lait ou blancheur, à cause de la blancheur naturelle des habitants de celle-ci. Le seigneur G. Postel, grand chercheur [ndlr: historien] de l’Antiquité, ne veut recevoir cette étymologie, et ainsi dit qu’elle s’appelle Gallia, du mot hébreux Galab, qui signifie pluie; comme voulant dire que les Gaulois sont issus des pluies du Déluge, c’est-à-dire qu’ils tirent leur origine de ce temps-là. Et il confirme encore son opinion de ce que le mot glav, en vieux langage breton, signifie pluie, et que les Hébreux nommaient la Gaule Saraph, c’est-à-dire expurgée, comme expurgée des eaux du déluge.

Les autres la disent Gaule, du nom d’un des fils d’Italus, nommé Gallates. Ce qui démontre encore l’antiquité [ndlr: l'ancienneté] des Gaulois, pour ce que, selon plusieurs, Italus fut l’un des enfants de Noé.

Les autres tiennent qu’elle s’appelle ainsi à cause de Gallatée, amoureuse d’Hercule, ou bien de Gallathe, fils d’Hercule. Au commencement la Gaule s’appelait Gomerie, du nom de Gomer, fils aîné de Japhet, et le premier roi des Gaules fut surnommé Samothés dit quatrième fils de Japhet, qui édifia la ville de Sens en Bourgogne, les successeurs duquel furent Magus fondateur de Rouen, et Sarrhon, qui édifia la ville d’Angers, Namne, qui fit bâtir la ville de Nantes, Driiudes, ou Driius, qui donna le nom, bâti et le premier pollice [ndlr: pas de certitude concernant la signification...] à la ville de Dreux, jadis fort renommée. Après ceux-ci régna Barduc, et puis Longo, duquel sont issus ceux de Langres, qui sont encore dits en latin Ligones. Et de ces deux derniers rois, les Lombards, peuples de la Gaule au delà des Alpes, se nomment Longobardi. Puis il y eut Celte, qui donna le nom aux Celtes, combien que quelques-uns tiennent que ce nom de Celte vient du mot Allemand Gelten, qui signifie valoir beaucoup, et Gelt, qui signifie argent ou monnaie, et de là,  Geltes, qui en langage allemand signifie Gaulois, vaut autant [ndlr: signifie] comme qui dirait excellent, de grand prix, robuste et puissant. Ce qui confirme cette opinion est que les Gallates (peuples auxquels écrivait Saint Paul) sont issus des Gaulois et se disaient gaulois. Et plusieurs doctes allemands tournent en leur langue ces mots : Ad Gallatas, Eun Geltern. »

« La carte universelle, ou description de toute la Gaule, appelée France »

carte de France

« Bref discours des confins et limites des Gaules, et en quoi consiste principalement l’Etat du Royaume de France, recueilli de divers auteurs

Les anciens confins et limites des Gaules et de tout ce qui est compris sous ce nom de gaulois, s’étendaient du Soleil levant au couchant depuis le fleuve du Rhin jusqu’aux monts Pyrénées vers Béarn et Navarre, où il y a plus de deux cent cinquante bonnes lieux de droit chemin, du Septentrion au Midi, depuis Calais jusqu’à Perpignan, et aux Montagnes d’Aragon, presque autant ; et de la basse Bretagne jusque à Ravenne plus de trois cents cinquante lieux; qui sont les trois plus long travers [ndlr: diagonales] de toute cette grande étendue de terre au-dedans de laquelle sont compris, outre ce qui est sous l’obéissance et domination des rois très chrétiens, les Pays-Bas; les peuples et nations qui habitent le long du Rhin, depuis Baste jusqu’en Hollande, tout le pays de Suisse et des Grisons; la Savoie et le Piedmont; et toute la Lombardie tant au deçà qu’au delà du Pau, en remontant en ça depuis Ravenne vers Bologne la Grasse, et au-delà à la rivière de Gênes jusqu’en Provence. Auprès d’Arimini, le petit fleuve du Rubicon faisait anciennement la séparation de la Gaule cisalpine et de l’Italie.

Mais pour venir à une plus particulière description de la Gaule, il faut savoir qu’en premier lieu elle se divise en deux parties, à savoir la cisalpine et transalpine, qui sont deux mots latins qu’il faut prendre quand à nous tout au rebours attendu la situation où nous sommes ; car César et autres auteurs latins en parlent comme étant à Rome; au moyen de quoi la cisalpine ou citérieure, qui est à dire celle en deçà des monts est à César la Lombardie; et la transalpine, celle au delà des monts, est la France; là où au contraire à nous autres qui parlons d’ici la cisalpine serait la France et la transalpine celle au delà des Alpes. La Gaule cisalpine, appelée aussi des Romains togata, à cause de la robe longue que le peuple y portait à la mode de Rome, est aussi divisée en deux: la cispadane et transpadane, où semblablement les Latins, comme étant à Rome, ont observé la même considération, laquelle il nous faut prendre au contraire, car ce qui est cispadane à eux, c’est-à-dire en deçà du Pau, est Transpadane à nous; et au rebours la cispadane pour notre regard est toute cette région outre les monts, qui est au-delà du Pau, depuis Montcallier et encore plus haut, en dévalant contre bas entre la mer ligustique et la rivière du Pau, par Alexandrie, le Montserrat, Plaisance, Parme, Rhege, Modène, Bologne, Imola, Forly, Faience, Cesenne jusqu’à Ancone, et autres villes maritimes en tirant à Arimini et Ravenne. La transpadane est à nous, cette partie en deçà du Pau depuis Salusses jusqu’à Thurin et Versel; puis tout le duché de Milan et les terres des Veneties: le Mantouan, le Ferrarois, qui est entre deux bras du Pau, lequel fourche un peu au dessous de la bouche du Mince qui passe par Mantoue en un lieu appelé la Stellata ; et de là, l’un des rameaux s’en va raser les murailles de Ferrare, descendant vers Ravenne; l’autre prend la main gauche vers Francolin et s’en va finalement perdre dans des marais proches de la mer, à dix ou douze lieues de Venise.

Tant de pouvoir ont eu la crainte et le respect que les Romains ont eu du nom Gaulois qu’alors même qu’ils étaient absolument seigneurs de la terre et des mers, il n’y a pas pour cela pu être aboli ni effacé d’une si grande contrée de pays toute proche d’eux. La Gaule transalpine, et pour notre regard, celle en deçà des monts, était aussi divisée en deux parties, l’une appelée Brachata, à cause d’une sorte de braies ou de hauts-de-chausses que le peuple portait, ou autrement Narbonnaise, maintenant le Languedoc, et la Provence, qui s’étendait jusqu’à la rivière du Var près de Savonne, dite Provence, de Provincia, pour [ndrl: la raison] que ce fut la première contrée des Gaulois que les Romains réduisirent en forme de province, à eux sujettes et tributaire, comme ils voulaient faire des royaumes et des pays par eux subjugués, et l’autre comata ou chevelue, à cause des longs cheveux que portaient les peuples de celle-ci; et elle est divisée en trois, à savoir la Belgique, qui parle partie Flamand, partie Wallon ou Roman, qui est du François corrompu; la celtique, qui est le cœur de toute la France; et l’’Aquitanique ou Guyenne, là où l’on parle Gascon. Les peuples habitant le long du Rhin participent des Belges ou des Celtes. César parlant de ces trois parties de la Gaule, qui ont leurs coutumes et langages chacune à part soit, veut entendre le parler Allemand, François, et Gascon. Parmi les François sont compris les Bretons bretonnants en la basse Bretagne, et entre les Gascons, les Basques, tous deux aussi différents de notre langage qu’est l’Allemand ou le Polonais. »

On remarque que le mot Gaule est employé en 1611 non pas en référence à la période antique mais bien pour décrire la géographie de la France à l’époque de l’auteur. Par exemple, page 128, il s’agit de la « Description de plusieurs places de la Gaule celtique ». L’auteur indique d’ailleurs au début de l’ouvrage que « les peuples étrangers ont toujours mieux reconnu le lieu et domicile des François sous le premier et ancien nom de Gaule que sous celui de France ».

S’en suit une description assez détaillée sur le fonctionnement de la France à l’époque de l’auteur (roi, parlements, législation etc.). Dans la partie suivante François Des Rues évoque l’arrivée des lettres en Gaule.

« Qui fut celui qui planta le premier les lettres en Gaule, et qui étaient les druides

Le premier qui planta les lettres en Gaule fut ce même Gomer, fils ainé de Japet, duquel nous avons parlé. Et de l’école de celui-ci sortirent ces trois sortes de philosophes qui étaient jadis en Gaule: à savoir les bardes, qui chantaient des hymnes et étaient poètes, les vaticinateurs, qui présidaient aux sacrifices et s’arrêtaient à la contemplation de la nature des choses, et les druides, qui traitaient des mœurs et bien séantes actions des hommes. Tous lesquels furent longtemps en Gaule, avant qu’aucun des poètes grecs fut au monde. D’où il est aisé de voir que les lettres sont en Gaule en premier qu’en la Grèce et que les vers héroïques ne sont point l’invention des Grecs puisque les bardes s’en servaient. Sous le nom de druides l’on comprend toutes ces sortes de philosophes.

Ces philosophes avaient opinion que les âmes étaient transformées de corps en autres [ndlr: réincarnation]; et par ainsi les Gaulois, qui les suivaient en cette opinion, n’appréhendaient aucunement la mort, dès lors qu’il était besoin de hasarder leur vie en quelques guerres ou entreprises.

L’assemblée des druides se faisait tous les ans à Chartres… A l’imitation desquels furent anciennement introduits les parlements

L’assemblée des druides se faisait tous les ans à Chartres (d’autant que cette ville est presque au milieu de la Gaule) et en ce lieu ils déterminaient de tous les différents qu’on leur proposait. A l’imitation desquels furent anciennement introduits les parlements en France par Charles Martel, maire du Palais, et par le roi Pépin, son fils. Lesquels parlements sont comme l’ornement et l’honneur du royaume, et sont ainsi appelés selon l’opinion de quelques uns, du mot parler, parce que l’on y parle d’affaires grandes et d’importance. Or tout ainsi que l’assemblée des druides se faisait d’an en an à Chartres, de même s’assemblaient les seigneurs et conseillers du parlement en certaine ville, ordonnée par le roi, pour y exercer la justice »

Le passage suivant concerne plus particulièrement la description de la ville de Chartres. Il montre comment le Christianisme a été perçu par la population locale comme le prolongement de ses croyances gauloises et y a ainsi été facilement adopté.

« Du pays chartrain et de la fondation et antiquité de la ville de Chartres

La ville de Chartres était jadis principale et métropolitaine du pays chartrain, où les druides faisaient leurs domiciles, parlements et assemblées, comme ci-devant avons dit. Cette ville est de grande étendue et s’appelait Autricum. Elle est située au milieu de la Gaule celtique, et est une très ancienne colonie des Gomerites, qui du temps de Noé vinrent peupler la dite Gaule celtique. Le premier qui s’y achemina fut Samothés. Les anciens Gaulois appelaient cette ville Caruntem du mot grec Caryos, qui signifie noix, d’autant que ce pays en est abondant. Il y a une autre opinion sur l’éthymologie de ce mot, celle de ceux qui disent que Chartres est ainsi nommée à cause du châtiment et correction des délinquants qu’on faisait en cette ville, durant le rêgne des druides.

Ces Chartrains (..) furent abbreuvés et crurent, par la doctrine des druides (..) qu’il naitrait en terre une vierge qui produirait le salut des hommes (..) S. Savinian et S. Potentian (..) convertirent facilement ce peuple à la foi chrétienne, la plupart duquel honorait déjà la mémoire de la vierge future

Le pays chartrain contient la Beauce et la Sologne, et il est un des plus beaux et des plus fertiles de Gaule, en toutes sortes de blés, fruits, bétails et autres biens. Les champs voisins de Chartres sont arrosés d’une petite rivière, nommée l’Eure, qui passe à travers la ville et vient du pays du Perche. Ces Chartrains et principalement leurs comtes et gouverneurs, longtemps avant que César eut conquit les Gaules, furent abbreuvés et crurent, par la doctrine des druides (qui avaient peut être lu les prophètes et les sibylles), qu’il naitrait en terre une vierge qui produirait le salut des hommes. Cette opinion fut cause que Priscus, comte de Chartres, fit faire une image représentant une vierge, tenant un enfant entre ses bras, et la mit au rang des statues des dieux des païens, et lui offrit souvent sacrifice. Ce qui donna sujet à tout le peuple de faire de même. Le comte Gaufrede ou Geoffroy, sieur de Montlheri, commença de faire de même, et se vit bientôt payé de sa dévotion, recouvrant un sien fils qui était tombé dans un puits très profond, ce qui fut l’occasion que ces seigneurs bâtirent un temple à cette vierge inconnue, lui présentant des offrandes, et augmentaient de jour en jour le revenu de ce temple.

S. Savinian et S. Potentian furent envoyés en Gaule par S. Pierre l’apôtre, lesquels convertirent facilement ce peuple à la foi chrétienne, la plupart duquel honorait déjà la mémoire de la vierge future qui devait enfanter le fil de Dieu. Les susdit saints personnages établirent S. Aventin premier évêque de Chartres [...] L’église cathédrale, dédiée à notre Dame, est une des plus belles de France et est toute voutée, y ayant dessous terre comme une seconde église. »

Pour plus d’informations sur la vision des Gaulois au XVII siècle, on consultera :

Historiographie contemporaine

François Reynaert, chroniqueur au « Nouvel Observateur », a publié chez Fayard « Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises ». Il revient dans l’Obs sur les grandes pages de notre « roman national » :

« On a l’impression qu’on a toujours eu des ancêtres gaulois, hein, « nos ancêtres les gaulois », alors que c’est quelque chose qui est arrivé très tard dans notre histoire [...] Au moment de la révolution française, la révolution française dit « maintenant on ne veut plus des rois, le pouvoir appartient au peuple souverain, le peuple est le souverain comme l’était le roi ». Donc c’est comme ça qu’on a eu comme idée d’inventer un ancêtre au peuple et que peu à peu va arriver cette idée qu’il y a les Français aujourd’hui mais que, avant c’était quoi le peuple qui était là, ben c’était les Gaulois. »

Il fut aussi invité par Pierre-Louis Basse sur Europe 1 (lien)

« Sous l’Ancien Régime par exemple, au temps des rois, l’histoire c’était uniquement la succession des princes. Il fallait raconter les princes et les batailles. Voilà c’est tout. Et puis ensuite, au 19ème siècle, la nation française qui est crée, qui n’existait pas avant ça, voilà… le peuple etc. Donc du coup on invente une autre histoire. C’est à ce moment là qu’on invente les Gaulois par exemple qui n’existaient pas. »

Dans la Description des singularités des plus célèbres villes du royaume de France parue en 1611, la France est présentée avant tout comme une nation et un peuple (françois) descendant à la fois des Gaulois et des Francs. L’organisation politique (la monarchie) figure d’ailleurs au second plan. En outre, la Révolution française mit bien plus à l’honneur la culture gréco-latine que les Gaulois, comme l’illustre l’architecture antique de l’Assemblée Nationale, la figure de Marianne vêtue à la romaine (à l’image d’Athéna ou de Minerve) ou encore les tableaux de Jacques-Louis David comme le Serment des Horaces (voir cette image pour d’autres parallèles historiques). En 1866, Napoléon III, grand amateur d’Histoire (cf. les restaurations de Notre-Dame ou de Carcassonne par Viollet-le-Duc) fit ériger une statue de Vercingétorix sur le site supposé d’Alésia. Puis la Troisième République mit ce même personnage en avant après la défaite de 1870. De là certaines personnes en déduisent, à tort et avec gourmandise, que « nos ancêtres les Gaulois » et la « nation française » sont de pures inventions. Gageons que ces mêmes personnes admettrons du bout des lèvres que les nations algérienne, libyenne et plus généralement africaines, sont, elles, bel et bien des inventions du 19ème siècle, et qu’ils s’attacheront aussi bien à les déconstruire.

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18 commentaires

  1. francoflamand dit :

    Alors là c’est excellent, merci derville, je ne connaissait pas cet ouvrage de 1611!
    je ne suis pas franchement historien de passion mais les origines des peuples européens et notamment le peuple français sont un sujet que je tient en très haute estime, car il est le plus crucial pour comprendre tout le reste. Je n’est pas de certitude en la matière mais des opinions déjà bien travaillé. Voici ce dont je suis à peu prés sûr.

    Première observation: les français sont en moyenne physiquement différents des autres peuples européens qui les entourent, j’ai pu observer, malgré les clichés et au delà des différences régionales qui sont parfois très perceptibles, que comparé à nos voisins européens, il y a une certaine unité morphologique du peuple français, dans toute les régions historiquement françaises, et du nord au sud, comme également il y a une certaine unité morphologique du peuple allemand et autrichien malgré leurs fortes variations régionales, et une très forte unité britannique malgré là aussi une grande variabilité et les moults invasions qu’ils ont subit, il en va de même pour l’Italie, la péninsule ibérique et la Scandinavie qui sont également des ensembles d’une certaine homogénéité, l’Europe de l’est présente aussi des ensembles bien différenciés et bien limités mais qui correspondent assez peu aux nations actuelles. J’ai pu observer également que cette unité morphologique a des limites qui correspondent bien mieux aux frontières linguistiques de la France qu’à ses frontières administratives, par exemple les alsaciens sont effectivement plus proches des allemands du sud tandis que les lorrains ont l’allure plus française des régions nord et est, le métissage s’il a eu lieu semble finalement pas trop perceptible entre ces deux régions, tout comme leurs arts respectifs de toute les périodes sont reconnaissables de la même façon: l’art alsacien est clairement allemand, bien qu’avec une forte identité locale, tandis que l’art lorrain est bien français (sauf la petite partie germanophone) à toute les périodes et même sous domination du saint empire germanique sur la Lorraine, avec là aussi une forte identité locale. Les français les plus archétypiquement français morphologiquement et les plus reconnaissables que j’ai observé (pour ne pas dire les plus purement gaulois ou pré-gaulois) sont ceux des régions du centre et de l’ouest (Poitou-Charente, Pays de Loire, Centre), c’est d’ailleurs comme par hasard à cet endroit que l’art français prend, à toute époque, le caractère typique le plus poussé et le plus singulièrement français par rapport aux autres régions de France (les châteaux de la Loire par exemple, au delà des styles gothique, renaissance et classique que l’on trouve dans toute l’Europe, sont un concentré assez extrême d’une manière très française qui traverse toute les époques, les régions et les styles de l’art français, et c’est là que l’art français différent le plus des autres arts européens).

    Deuxième observation: si la nation française actuelle est historiquement bien la réunion des gaulois et des francs saliens, c’est en proportion fortement inégale, et les deux peuples sont très différents l’un de l’autre, les francs, peu nombreux à leur arrivé, ont laissé en France plus de traces par leur nom que par leurs gènes. Mais le peuple des francs saliens n’a aujourd’hui pas disparu loin de là: au moment de l’invasion de la Gaule, une partie des francs se sont partagé la Gaule en fiefs (prémisse de la féodalité, les francs constituent la noblesse tandis que les gallo-romains constituent le peuple, la noblesse s’est peu à peu dilué dans le peuple des siècles plus tard, par des règles de mariage plus souples entre les deux castes, la noblesse perdant ainsi ses caractéristiques morphologique franques à partir de la fin du moyen-age), tandis qu’une autre partie du peuple franc salien est resté sur le territoire qu’ils avaient colonisé quelque siècles plus tôt, territoire entièrement peuplé de francs (les micro-peuplades gauloises qui y vivaient avaient été chassé vers la Gaule romaine), ces francs saliens ont conservé leur identité et leur langue (avec des évolutions) jusqu’à nos jours: c’est la Flandre au sens strict (actuelle province belge de Flandre orientale, Flandre occidentale, et l’arrondissement français du Cœur de Flandre), ces francs saliens devenu les flamands vont s’étendre durant le moyen-age vers l’est et le nord, ils vont peupler en forte proportion le Brabant puis le Limbourg (déjà peuplé un peu par d’autres germains, d’où les différences physiques qu’on peut observer sur certains individus du Brabant et du Limbourg qu’on trouve rarement en Flandre proprement dite) et enfin la Hollande qui va se constituer au fur et à mesure de la polderisation de cette terre par un peuplement essentiellement flamand (franc) et minoritairement autochtone (là aussi d’autres germains, peu nombreux, qui vivaient dans les marais et les iles), les francs saliens sont donc les ancêtres directs des flamands actuels et d’une grande partie des néerlandais actuels, peuples extrêmement prospères et culturellement prolifiques dans l’histoire, et les dialectes flamand, brabançon, limbourgeois, hollandais, ainsi que le néerlandais standard descendent directement de la langue francique.

    Dans les faits les gaulois et les francs formes donc deux peuples très distincts encore de nos jours, par la géographie, par la culture, comme par l’anthropologie. Leur rencontre durant une époque a formé le germe de la nation française mais la France actuel devrait encore s’appeler la Gaule si on veut mieux comprendre son origine, son peuple et sa culture.

  2. francoflamand dit :

    toute mes excuses pour les nombreuses fautes !

    • Derville dit :

      Il me semble que les différences physiques entre pays ou régions se remarquent davantage avec les femmes qu’avec les hommes. Ou alors je suis plus attentif dans le premier cas :-). Un exemple de visage typiquement français et plus précisément auvergnat: http://stoermer87.files.wordpress.com/2010/10/audrey-tautou-100.jpg. J’ai aussi fait la même observation sur des Américains d’origine française ou des Français vivant là bas. On les distingue des autres.

      Concernant le centre de la France, il est étonnant de voir qu’encore au 17ème siècle, l’auteur utilise le terme de « Gaule celtique » (page 128: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5652249c/f142.image). Le mot « Gaule », au singulier ou au pluriel, est d’ailleurs utilisé non pas en référence à l’Antiquité mais bien de façon contemporaine à l’auteur. Il indique aussi que « les peuples étrangers ont toujours mieux reconnu le lieu et domicile des François sous le premier et ancien nom de Gaule que sous celui de France ». Il serait intéressant de savoir quand l’utilisation du mot Gaule a été limitée à la période antique.

      Au sujet des Francs saliens et des Flamands, l’auteur indique:
      « [la Gaule chevelue ] est divisée en trois, à savoir la Belgique, qui parle partie Flamand, partie Wallon ou Roman, qui est du François corrompu; la celtique, qui est le cœur de toute la France; et l’Aquitanique ou Guyenne, là où l’on parle Gascon. Les peuples habitant le long du Rhin participent des Belges ou des Celtes. »

      François Des Rues commence son livre en indiquant que les Francs ont en effet donné leur nom à la France mais dans le reste du livre (description des villes et histoire locale), il s’agit bien des Gaulois, comme dans l’extrait sur Chartres.

  3. Pommier du Val dit :

    L’ouvrage que vous citez est purement révisionniste: il occulte la présence de l’islam depuis 3000 ans.

  4. Les Aquitains, ou Ibéroaquitains, aussi parfois appelés Proto-basques, désignent une confédération de tribus de l’Antiquité comprise entre les Pyrénées occidentales, la rive gauche de la Garonne et l’océan Atlantique (à peu près l’espace triangulaire formé par la Gascogne), et n’étant pas gauloise (non apparenté aux langues celtes). Wiki

    Les Basques constituent une population d’origine non indo-européenne, implantée principalement au sud-ouest de la France et au nord de l’Espagne dans le Pays basque.[...] Plusieurs caractéristiques telles que la langue, la génétique et de nombreux traits culturels diffèrent chez le peuple basque par rapport aux peuples avec lesquels il cohabite sur le même territoire, le peuple français et le peuple espagnol. Wiki

    http://www.lemondededartagnan.fr/SITE/FRA/gascon_esprit.htm

    Jules César – Guerre des Gaules

    Jules César parle d’elle en ces termes :

    « Gallos ab Aquitanis Garumna flumen dividit. »
    « La rivière Garumna sépare les Gaulois des Aquitains1. »

    Strabon ajoute un indice linguistique :

    « Les Aquitains diffèrent des peuples d’origine gauloise (…) par la langue qu’ils parlent, et ressemblent bien davantage aux Ibères. Ils ont pour limite le cours de la Garonne et occupent le territoire sis entre ce fleuve et les monts Pyrénées»

    • Derville dit :

      CYRANO, faisant deux pas vers De Guiche, et montrant les cadets

      Ce sont les cadets de Gascogne
      De Carbon de Castel-Jaloux ;
      Bretteurs et menteurs sans vergogne,
      Ce sont les cadets de Gascogne !
      Parlant blason, lambel, bastogne,
      Tous plus nobles que des filous,
      Ce sont les cadets de Gascogne
      De Carbon de Castel-Jaloux

      Œil d’aigle, jambe de cigogne,
      Moustache de chat, dents de loups,
      Fendant la canaille qui grogne,
      Œil d’aigle, jambe de cigogne,

      Ils vont, -coiffés d’un vieux vigogne
      Dont la plume cache les trous ! –
      Œil d’aigle, jambe de cigogne,
      Moustache de chat, dents de loups !

      Perce-Bedaine et Casse-Trogne
      Sont leurs sobriquets les plus doux ;
      De gloire, leur âme est ivrogne !
      Perce-Bedaine et Casse-Trogne,
      Dans tous les endroits où l’on cogne
      Ils se donnent des rendez-vous…
      Perce-Bedaine et Casse-Trogne
      Sont leurs sobriquets les plus doux !

      Voici les cadets de Gascogne
      Qui font cocus tous les jaloux !
      Ô femme, adorable carogne,
      Voici les cadets de Gascogne !
      Que le vieil époux se renfrogne
      Sonnez, clairons ! chantez, coucous !
      Voici les cadets de Gascogne
      Qui font cocus tous les jaloux !

      http://fr.wikisource.org/wiki/Cyrano_de_Bergerac_%28Rostand%29

  5. francoflamand dit :

    « Il me semble que les différences physiques entre pays ou régions se remarquent davantage avec les femmes qu’avec les hommes. Ou alors je suis plus attentif dans le premier cas :-) . Un exemple de visage typiquement français et plus précisément auvergnat: http://stoermer87.files.wordpress.com/2010/10/audrey-tautou-100.jpg. J’ai aussi fait la même observation sur des Américains d’origine française ou des Français vivant là bas. On les distingue des autres. »
    – – – – – – – – – – – – – – – – – –
    Ah là oui c’est ton plaisir de regarder qui parle! mdr, car en fait la plupart des anthropologues considèrent que les traits identitaires raciaux sont sont bien plus marqués chez les hommes que les femmes, comme chez la majorité des vertébrés, et c’est pour cela que les études anthropologiques portent surtout sur les hommes. Cependant je doit dire que chez les français, les gauloise sont tout aussi bien estampillé que les gaulois, et effectivement Audrey Tautou est bien un archétype de gauloise, cela m’a sauté aux yeux dés que je l’ai vu à la télé, elle est plus précisément représentative des guyennais, classés dans la « race alpine » de l’ancienne anthropologie, il s’agit en fait d’une version menu et brachymorphique de la même race que l’on trouve sur la façade atlantique de la France, ils ont le même air de famille malgré la silhouette générale très différente. François Reynaert, ce funeste négationniste de son peuple que l’on voit en photo sur cette page, m’a également sauté aux yeux comme une caricature physique de gaulois, cette fois si en version leptomorphique plus typique du Centre et Pays de Loire mais qu’on trouve partout en France.
    Parmi les politiques français, des visages très français sont malheureusement plutôt fréquent au parti socialiste: Ségolène royale, Martine Aubry et François Hollande sont des archétypes de français gaulois, Quand à Marine le Pen elle n’a rien de germanique, ce sont les mauvaises langues qui le disent, de visage elle est une version bonde des français de l’ouest comme Ségolène royale en est une version châtain foncé, les couleurs des yeux et des cheveux ne sont pas de trés bons indicateurs, du moins en France.

    « [la Gaule chevelue ] est divisée en trois, à savoir la Belgique, qui parle partie Flamand, partie Wallon ou Roman, qui est du François corrompu; la celtique, qui est le cœur de toute la France; et l’Aquitanique ou Guyenne, là où l’on parle Gascon. Les peuples habitant le long du Rhin participent des Belges ou des Celtes. »
    – – – – – – – – – – – – – – – – – –
    Là en fait l’auteur fait référence à la situation bien décrite par César lors de sa conquête des Gaules, qu’il mélange avec la situation fort différente de son époque. Quand César a « visité » le pays, la Flandre actuelle ainsi que les régions de la vallée du Rhin étaient alors bel et bien peuplés de gaulois, des belges, mais en réalité ces régions étaient très peu peuplés, elles étaient même quasiment désertes en bien des endroits et encore essentiellement forestières ou marécageuses, contrairement au bassin parisien, l’Auvergne ou le midi qui étaient déjà densément peuplés et plus civilisés, la situation va fortement changer par la suite: durant les premiers siècles de notre ère les peuples germaniques dans leur ensemble vont connaitre une très forte poussée démographique, la Germanie qui était largement sous-peuplé comparé à la Gaule au temps de César va devenir surpeuplé durant la période impériale de Rome, pour des raisons encore partiellement obscurs, et certains peuples germains vont alors défricher et s’installer dans les régions peu peuplés qui entouraient le territoire originel des germains, commençant déjà à grignoter l’empire, ce sont les francs saliens qui arrivent en Flandre, et qui en chassent les petites peuplades gauloises (ménapiens), les francs rhénans vont s’installer dans l’actuelle Rhénanie-du-Nord – Westphalie (où ils ont laisser l’ancêtre de l’actuel dialecte de cette région), d’autres peuples germains dont les alamans (qui ont donnés leur nom à l’Allemagne) vont peupler la moyenne et la haute Rhénanie dont le Palatinat, l’Alsace et la Suisse alémanique. Cela a produit un véritable remplacement de population ou submersion dans ces régions, remplaçant des petites peuplades gauloises éparses et encore mal romanisés par une population germanique densément peuplé (futur axe de la « dorsale européenne »), provoquant un manque de ressource et une situation explosive: c’est le rouleau compresseur germanique qui se met progressivement en place dans ces régions et va bientôt avoir raison de l’empire.

    De nos jours la frontière entre peuples d’origine germanique et peuples d’origine gauloise est très bien délimité par la frontière linguistique entre le français et l’allemand (et néerlandais), il suffit de passer cette frontière pour bien voir la différence de morphologie des gens (de façon collective c’est flagrant, individuellement c’est pas toujours évident même si souvent ça l’est, et puis il y a des différences régionales fortes chez les germains), et seul la Wallonie a une histoire de peuplement assez complexe et composite entre gaulois et germains, dés l’époque pré-romaine, mais malgré tout à majorité gauloise, le dialecte wallon actuel c’est une sorte de français avec un fort accent germanique ancien, et des tournures de phrase « à la germaine ».

    Oui, il est intéressant de relevé que l’auteur parle d’un cœur de la France situé à l’Ouest (l’ancienne Aquitaine) et au sud-Ouest comme d’ailleurs j’ai pu l’observer dans la l’ouest et le centre (il me semble que l’expression « là où on parle gascon » désigne la Gascogne et non la Guyenne où on ne parle pas gascon, d’ailleurs la morphologie des gens dans ces deux régions est assez bien différencié l’une de l’autre, prenant de fortes saveurs locales, bien qu’effectivement très gauloises méridionale toute les deux), cœur qui est donc encore nommer de l’appellation « Gaule celtique ».

    J’ai du mal aussi à trouver quand le terme de Gaule est tombé pour de bon en désuétude pour désigner le territoire de la France, si je lit entre les lignes de l’article wikipédia sur la Gaule se serait suite à l’expansion et la division de l’empire carolingien, avant cela les mérovingiens étaient des « rois des francs » qui régnaient encore sur la Gaule. Mais il y a quelque temps j’avais aussi trouvé ça:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_II_de_France

    « Philippe Auguste est le premier roi qui a fait porter sur ses actes, à partir de 1190, Rex Franciæ, roi de France, au lieu de Rex Francorum, roi des Francs »
    Je me demande bien comment alors on nommait le territoire avant cela? terme mystérieux qui même devenu secondaire ou familier à du être utilisé encore un certain temps après cet acte, ce ne peut être que « la Gaule » je présume.
    Dans une autre lecture qui date un peu et dont j’ai oublié la source il était précisé que durant l’époque féodale de la première partie du bas moyen-age, le terme « franc » ou « François », ne désignait que la noblesse, pas le peuple, le peuple n’a pris ce nom que durant la seconde partie du bas moyen-age, la construction des grandes cathédrales aurait été un acte inconsciemment unificateur, mais malheureusement ils ne disaient pas comment on nommait le peuple durant cette époque féodale, au delà de l’expression « peuple des francs », il y aurait une bonne enquête à faire à ce sujet, on pourrait avoir des surprises.

    • Derville dit :

      « Audrey Tautou… une version menu et brachymorphique »

      Ah ! Vous savez parler aux femmes, vous !

      • francoflamand dit :

        mdr, je n’est pas été très fin c’est vraie, euh en fait je parlais du type guyennais en général, autrefois classé dans la « ra;ce alpine » du fait de ces critères « menu et brachymorphique » , ils sont plus petits que la moyenne, ont un nez rond ou retroussé, des traits assez néoténiques (gardent des traits juvéniles à l’age adulte), et ils sont même affublés des termes « type paléolithique » ou de « cro-magnoïde » car leurs crânes sont identiques à ceux des cro-magnons trouvés dans la région et qui ont peint Lascaux et Chauvet ! Ces guyennais s’oppose ainsi à la « ra;ce atlantique » toute allongé et leptomorphique, plus grande, au grand nez droit, que l’on trouve sur toute la façade ouest de la France et le centre. En réalité ces deux types sont plus récemment considéré comme deux versions (l’une brachymorphique et l’autre pas, avec toute les conséquences sur la morphologie de ce seul caractére) du même type ra;ciale atlantique élargie, car en dehors de ces différences cités ils se ressemblent tout de même forts (comme tout les gaulois je dirais même plus).

        Audrey Tautou est typiquement du type guyennais, et elle démontre et concentre à elle seule toute la légèreté des traits, la douceur et cette incomparable élégance française qui caractérise les gauloise et qui les distinguent des autres peuples qui nous entoure, c’est souvent à ça qu’on reconnais les françaises et les français. (Je fait du progrès?)

      • francoflamand dit :

        petit complément sur le type guyennais dit « alpin »

        La région couverte par ce type est le Périgord, le Quercy, le Rouergue (historiquement les régions ou l’on parle le dialecte guyennais, d’où le nom de ce type) mais aussi le Gevaudan, les Cévennes, et une petite partie sud de l’Auvergne et du limousin, et ça et là aux alentours. On trouve de très nombreux individus similaires, mais minoritaires dans les populations, dans toute la France, particulièrement l’Ouest et le centre, et on trouve par endroits des concentrations de ce type qui sont des énigmes anthropologiques comme autour de la ville de Narbonne, au Luxembourg, ou à un degré moindres dans l’Avesnois (dans le Nord). Des anthropologues étrangés ont d’ailleurs qualifié par erreur la France de « pays alpin », ce qui est faut car ce type reste nettement minoritaire à l’échelle de la France.
        Ce type connais des similarités avec d’autres types qu’on trouve dans toute l’Europe, dans l’ancienne anthropologie ils étaient tous classés dans une « ra;ce alpine » du fait d’un de ces types fort présent dans les Alpes autrichiennes et bavaroises, mais en réalité la « race alpine » n’existe pas car outre les caractères partagés comme le brachymorphisme et la néoténie, ils relèvent de types européens très différents, ce sont en fait des versions brachymorphiques et néoténiques des même peuples qui les entourent qui ne présentent pas ces caractères, ce qui ce voit d’ailleurs très bien à leur aspect, de plus on trouve le même phénomène de « concentration alpinoïde » dans de nombreux endroits du monde dans des ra;ces très différentes. Il ne s’agit pas d’une adaptation réversible (conditions environnementales lors de la croissance) comme on a pu le croire un temps mais bien de caractéristiques génétiques et héréditaires, donc ra;ciales.

        (en me relisant dans mon com plus haut j’ai remarqué vous avoir tutoyer par inadvertance, j’ai pas fait attention)

  6. francoflamand dit :

    « Les Basques constituent une population d’origine non indo-européenne, implantée principalement au sud-ouest de la France et au nord de l’Espagne dans le Pays basque.[...] Plusieurs caractéristiques telles que la langue, la génétique et de nombreux traits culturels diffèrent chez le peuple basque par rapport aux peuples avec lesquels il cohabite sur le même territoire, le peuple français et le peuple espagnol. Wiki »
    – – – – – – – – – – –
    En réalité, aucune population d’Europe occidentale n’est d’origine indo-européenne, ce peuple définie académiquement comme étant celui qui parlait l’ancêtre des actuelles langues classées comme indo-européennes. L’argument linguistique et culturel est le seul valable utilisé par les indo-européistes, mais ce serait aussi absurde que de dire que les français sont d’origine italienne parce qu’ils parlent une langue latine ou les congolais sont d’origine française parce qu’ils parle le français. En réalité la plupart des populations actuelles de toute l’Europe occidentale actuelle sont à peu prés autochtones de leur terre depuis la sortie de la dernière ère glaciaire, ce qui explique les différences anthropologiques marqués entre les peuples européens de nos jours, différences qui sont un sujet tabou laissant libre cours à la théorie indo-européenne qui voit cette contradiction majeur effacé par le politiquement correct. Ces différences sont apparu pour la plupart par des goulots d’étranglement génétiques successifs durant la dernière période glaciaire, il n’y a pas vraiment d’autres possibilités envisageable, d’autant plus que les dépouilles d’homme du néolithique trouvé un peu partout en Europe présente déjà les même caractéristiques anthropologiques que les peuples actuels des régions où ces ossements ont été retrouvé. Ainsi les guyennais actuels par exemples, limitrophes des gascons, étaient « pré-gaulois » avant de se celtiser et de devenir gaulois, comme tout les peuples gaulois, et il est fort probable que la langue basque n’est autre que la dernière survivante d’un groupe de langue que parlaient tout les pré-gaulois et les pré-ibéres au néolithique avant de devenir gaulois et ibères (dont les actuels guyennais) par des invasions celtes venu d’Europe centrale qui n’ont pas été une invasion de peuplement. La langue basque aurait alors survécu quelque temps dans la montagne avant de redescendre et s’étendre à nouveau, peut être jusqu’à la Garonne. Et ces celtes d’Europe centrale, dont les descendants actuels sont différents des français actuels, n’étaient eux même pas des descendants des indo-européens, mais on reçu une langue du groupe indo-européen par une invasion quelque siècles voire millénaires plus tôt, une invasion qui ne fut probablement pas un peuplement non plus…
    Pour les peuple descendant réellement de ce théorique peuple indo-européen, ce serait plutôt les slaves de l’est ou du moins une partie d’entre eux

    Sinon il y a bien un mystère basque mais il y a de multiples façons de lui trouver, avec les éléments dont nous disposons, des explications moins simplistes et grossière que celle de la thèse indo-européenne officielle.

    cordialement.

    • J’ai eu vent à plusieurs reprises de la thèse que vous évoquez, lors de mes recherches personnelles.
      En effet elle est tout à fait probable, mais je n’ai jamais vraiment étudié la question en profondeur, me concentrant principalement sur mon fait régional.
      Je pense que le mystère basque/protobasque/Aquitain n’est pas prêt de tomber, et celui des autres peuples non plus par conséquent, si ceux-ci sont liés. Espérons un jour…

      Mais laissons ces derniers de côté un instant. Là ou je suis intrigué, c’est lorsque vous parlez de la thèse indo-européenne comme étant la seule mise en avant, un peu comme l’ on a placé la thèse du Out of Africa au dessus de tout et dont aucune critique n’est publiquement admise.

      On sait bien pourquoi la théorie du Out of Africa est intouchable aujourd’hui bien que largement démontée, en revanche je ne vois pas pour quelles raisons il semble en être de même avec la thèse indo-européenne concernant le peuplement de l’ Europe, au détriment des autres. Il n’ y a aucun enjeu politique. Peut être est-ce par facilité ?

      Quel est votre avis ?

      • francoflamand dit :

        En fait je pense qu’il y a un statue quo quelque peu fortuit sur la théorie indo-européenne, non parce qu’elle arrange le système plus qu’une autre théorie mais parce qu’elle fut la dernière grande théorie des origines largement admise avant que toute recherche approfondie sur l’origine des peuples européens ne deviennent un sujet tabou, risquant, quelque soit les nouveaux résultats, de faire ressortir au grand jour des idées de filiation, de ra;ce, de peuple aux européens alors même que l’on cherche à effacer ces notions de la mémoire collective, mais il faut bien qu’il existe une théorie des origines, alors on conserve celle qui était la plus admise et la plus documenté historiquement, qui a le mérite d’être une théorie fournissant une explication déjà ficelé et satisfaisante aux curieux qui se posent des questions et qui ne nécessite pas de nouveau programe de recherche sensationnelles qui risquerait d’éveiller de trop nombreux curieux. Durant les années 2000 de nombreuses recherches génétiques ont été effectué en Europe, mais discrètement et leur résultats ne sont jamais sorties, ils étaient fort probablement contradictoires avec la théorie admise (qui n’a aucun fondement scientifique moderne solide).

        La particularité d’une théorie scientifique des origines c’est qu’elle peut toujours être aussi bien manipulé au service de la négation des peuples qu’au service d’un culte des origines, par exemple la théorie indo-européenne est utilisé pour dire que nous sommes tous pareil en Europe par ceux qui nient les peuples, et dans le même temps utilisé comme une origine mythique et unitaire de la ra;ce blanche par beaucoup de racialistes et par les néopaganistes, à une autre échelle il en va de même pour la théorie « out of africa » utilisé par les uns pour insister sur le fait que nous venons tous d’Afrique et que nous devons donc accueillir les africains, et utilisé par les racialistes pour insister sur la grande distance évolutive entre les peuples qui se sont différencié de façon isolé en 100000 ans de séparation, et enfin la nouvelle théorie multirégionale (à laquelle j’adhère) permet de dire aux uns que c’est le métissage qui à généré l’homme moderne, et aux autres que les ra;ces humaines qui en résultent sont bien différentes et elles ont même quelques racines qui plongent jusqu’à un million d’année ou plus ! (et le pire avec la théorie multirégionale c’est que les deux points de vue sont parfaitement juste, mais insister sur l’un ou sur l’autre dans la vulgarisation et les médias va faire toute la différence, du noir et du blanc, c’est la théorie des origine la plus manipulable qui ait jamais existé à mon sens).

  7. Derville dit :

    En ce qui concerne les langues, je ferai probablement un article sur ce livre de Pierre Borel de 1655:

    Trésor de recherches et antiquités gauloises et françoises en ordre alphabétique et enrichies de beaucoup d’origines, épitaphes…

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k50464b/f1.image

    La longue préface, qui retrace la formation de la langue française, est passionnante.

  8. Aryana dit :

    Gaulois, Francois, Celtes, Vikings, Provencaux, Slaves, Saxons,Latins, Grecs , etc, l’important étant que nous sommes la race européenne blanche ,paiens et chrétiens,et l’intelligence humaine la plus avançée qui a inventé la plupart de ce qui est utile à l’humanité ,meme si les envieux haineux veulent le nier .

    • Derville dit :

      Arthur: Mais c’est qui ce type qui se ballade partout en se faisant appeler Provençal le Gaulois ?
      Perceval: Mais c’est moi Provençal le Gaulois !
      Arthur: Mais non, abruti, vous c’est Perceval le Gallois !
      Perceval: C’est bien ce que je dis, Provençal le Gallois…le Gaulois….eeeeh merde.
      Arthur: …

    • francoflamand dit :

      « Gaulois, Francois, Celtes, Vikings, Provencaux, Slaves, Saxons,Latins, Grecs , etc, l’important étant que nous sommes la race européenne blanche ,paiens et chrétiens,et l’intelligence humaine la plus avançée qui a inventé la plupart de ce qui est utile à l’humanité ,meme si les envieux haineux veulent le nier »
      – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

      Certes vous avez en partie raison, une immigration d’origine européenne et un métissage entre des peuples européens de types différents cela est incommensurablement moins grave qu’un apport extra-européen, cela c’est d’ailleurs toujours produit en Europe depuis des millénaires, mais à petite dose seulement, la preuve en est que les peuples Européens ont encore pour la plupart un fort aspect de terroir, et cela après des millénaires de soit disant brassage Européen, brassage qui a manifestement plutôt été un flux au compte goute, l’immense majorité des invasions n’ayant pas été des peuplements. Ce n’est pas remettre en cause la présence parmi nous de nombreux français originaire de l’immigration européenne et leurs descendants que de considérez que cette immigration européenne doit être limité et parcimonieuse, qu’elle ne doit pas être encouragé par aucune politique économique que ce soit (l’immigration extra-européenne doit quand à elle être stoppé avec la plus grande rigueur). Je pense qu’il ne faut absolument pas considérer ni traiter de la même manière l’immigration européenne et l’immigration extra-européenne, ce sont deux choses qui n’ont rien a voire, cependant je pense qu’il est primordial de préserver ce qui est le terreau où pousse l’incroyable richesse culturelle de l’Europe: la diversité biologique des peuple européens.

      Et celui qui vous dit cela est lui même le résultat d’un mélange entre deux peuples européens assez différents, comme l’indique mon pseudo. Je vit en « zone frontière » entre deux peuples, j’ai de la famille des deux cotés de cette « frontière » et je suis donc bien placé pour me rendre compte de l’importance absolument primordiale de l’identité biologique des peuples pour la forme que va prendre l’identité de leur culture, pour moi il est évident que la culture française n’aurait jamais ressemblé à ce qu’elle ressemble si les français avaient des physiques de germains ou d’ibères par exemple, et jamais la culture flamande n’aurait été flamande si la Flandre avait été habité par des italiens ou par des anglais. L’identité culturel des peuple n’est pour moi rien d’autre qu’une parure utilisé par ces peuple pour mettre en valeur, exacerber et sublimer leurs propres caractéristiques physionomiques. De plus la forte diversité des peuples européens et de leurs cultures, doublé d’un phénomène d’échange entre les cultures, a selon moi permis l’émergence d’une extraordinaire complémentarité dans la créativité des peuples, source de la grandeur européenne. Je tiens à ce que cela soit préservé, l’identité des peuples est le bien le plus précieux de l’Europe.

      Ce que j’explique là, j’en ai bien conscience, n’est absolument pas évident pour quelqu’un qui vit au beau milieu de son peuple et de son environnement culturel, qui ne passe pas son temps à voyager de part et d’autre d’une « frontiére ethnique » à contempler la merveilleuse correspondance entre les peuples et leur cultures dans leur environnement. Mon fait régional m’a simplement ouvert les yeux sur une loi de la nature humaine, que je perçois et admire désormais dans toute l’Europe, grâce à internet qui me permet de voyager, et quel plaisir après d’obtenir confirmation avec éclat dans mes yeux en allant observer les peuples et leur culture sur place !

      En espérant vous avoir un peu convaincu.

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